mercredi 12 octobre 2011

Le fameux Discours de Steve Jobs a l'Universite de Stanford en 2005


Le fameux message que Steve Jobs a laissé pour vous sur la vie, la mort et les raisons de son succès. Lisez-le avec beaucoup d’attention

C'est un honneur de me trouver parmi vous aujourd'hui et d'assister à une remise de diplômes dans une des universités les plus prestigieuses du monde. Je n'ai jamais terminé mes études supérieures. A vrai dire, je n'ai même jamais été témoin d'une remise de diplômes dans une université. Je veux vous faire partager aujourd'hui trois expériences qui ont marqué ma carrière. C'est tout rien d'extraordinaire. Juste 3 expériences.
 Pourquoi j'ai eu raison de laisser tomber l'université
La première concerne les incidences imprévues. J'ai abandonné mes études au Reed Collège au bout de six mois, mais j'y suis resté auditeur libre pendant dix-huit mois avant de laisser tomber définitivement. Pourquoi n'ai-je pas poursuivi? Tout a commencé avant ma naissance. Ma mère biologique était une jeune étudiante célibataire, et elle avait choisi de me confier à des parents adoptifs. Elle tenait à me voir entrer dans une famille de diplômés universitaires, et tout avait été prévu pour que je sois adopté dès ma naissance par un avocat et son épouse. Sauf que, lorsque je fis mon apparition, ils décidèrent au dernier moment qu'ils préféraient avoir une fille. Mes parents, qui étaient sur une liste d'attente, reçurent un coup de téléphone au milieu de la nuit : « Nous avons un petit garçon qui n'était pas prévu, le voulez-vous ? » Ils répondirent : « Bien sûr» Ma mère biologique découvrit alors que ma mère adoptive n'avait jamais eu le moindre diplôme universitaire, et que mon père n'avait jamais terminé ses études secondaires. Elle refusa de signer les documents définitifs d'adoption et ne s'y résolut que quelques mois plus tard, quand mes parents lui promirent que  j'irais à l'université. 17 ans plus tard, j'entrais donc à l'université. Mais j'avais naïvement choisi un établissement presque aussi cher que Stanford, et toutes les économies de mes parents servirent à payer mes frais de scolarité. Au bout de 6 mois, je n'en voyais toujours pas la justification. Je n'avais aucune idée de ce que je voulais faire dans la vie et je n'imaginais pas comment l'université pouvait m'aider à trouver ma voie. J'étais là en train de dépenser tout cet argent que mes parents avaient épargné leur vie durant. Je décidai donc de laisser tomber. Une décision plutôt risquée, mais rétrospectivement c'est un des meilleurs choix que j'aie jamais faits. Dès le moment où je renonçais, j'abandonnais les matières obligatoires qui m'ennuyaient pour suivre les cours qui m'intéressaient. Tout n'était pas rose. Je n'avais pas de chambre dans un foyer, je dormais à même le sol chez des amis. Je ramassais des bouteilles de Coca-Cola pour récupérer le dépôt de 5 cents et acheter de quoi manger, et tous les dimanches soir je faisais 10 kilomètres à pied pour traverser la ville et m'offrir un bon repas au temple de Hare Krishna. Un régal.  Et ce que je découvris alors, guidé par ma curiosité et mon intuition, se révéla inestimable à l'avenir. Laissez-moi vous donner un exemple : le Reed Collège dispensait probablement alors le meilleur enseignement de typographie de tout le pays. Dans le campus, chaque affiche, chaque étiquette sur chaque tiroir était parfaitement calligraphiée. Parce que je n'avais pas à suivre de cours obligatoire, je décidai de m'inscrire en classe de calligraphie. C'est ainsi que j'appris tout ce qui concernait l'empattement des caractères, les espaces entre les différents groupes de lettres, les détails qui font la beauté d'une typographie. C'était un art ancré dans le passé, une subtile esthétique qui échappait à la science. J'étais fasciné. Rien de tout cela n'était censé avoir le moindre effet pratique dans ma vie. Pourtant, 10 ans plus tard, alors que nous concevions le premier Macintosh, cet acquis me revint. Et nous l'incorporâmes dans le Mac. Ce fut le premier ordinateur doté d'une typographie élégante. Si je n'avais pas suivi ces cours à l'université, le Mac ne posséderait pas une telle variété de polices de caractères ni ces espacements proportionnels. Et comme Windows s'est borné à copier le Mac, il est probable qu'aucun ordinateur personnel n'en disposerait. Si je n'avais pas laissé tomber mes études à l'université, je n'aurais jamais appris la calligraphie, et les ordinateurs personnels n'auraient peut-être pas cette richesse de caractères.
Naturellement, il était impossible de prévoir ces répercussions quand j'étais à l'université. Mais elles me sont apparues évidentes dix ans plus tard. On ne peut prévoir l'incidence qu'auront certains événements dans le futur ; c'est après coup seulement qu'apparaissent les liens. Vous pouvez seulement espérer qu'ils joueront un rôle dans votre avenir. L'essentiel est de croire en quelque chose, votre destin, votre vie, votre karma, peu importe. Cette attitude a toujours marché pour moi, et elle a régi ma vie.
Pourquoi mon départ forcé d'Apple fut salutaire  
Ma deuxième histoire concerne la passion et l'échec. J'ai eu la chance d'aimer très tôt ce que je faisais. J'avais 20 ans lorsque Woz [Steve Wozniak, le co-fondateur d'Apple  N.D.L.R.] et moi avons créé Apple dans le garage de mes parents. Nous avons ensuite travaillé dur et, 10 ans plus tard, Apple était une société de plus de 4 000 employés dont le chiffre d'affaires atteignait 2 milliards de dollars. Nous venions de lancer un an plus tôt notre plus belle création, le Macintosh, et je venais d'avoir 30 ans. C'est alors que je fus viré.  Comment peut-on vous virer d'une société que vous avez créée ? C'est bien simple, Apple ayant pris de l'importance, nous avons engagé quelqu'un qui me semblait avoir les compétences nécessaires pour diriger l'entreprise à mes côtés et, pendant la première année, tout se passa bien. Puis nos visions ont divergé, et nous nous sommes brouillés. Le conseil d'administration s'est rangé de son côté.
C'est ainsi qu'à 30 ans je me suis retrouvé sur le pavé. Viré avec perte et fracas. La raison d'être de ma vie n'existait plus. J'étais en miettes. Je restais plusieurs mois sans savoir quoi faire. J'avais l'impression d'avoir trahi la génération qui m'avait précédé, d'avoir laissé tomber le témoin au moment où on me le passait. C'était un échec public, et je songeais même à fuir la Silicon Valley. Puis j'ai peu à peu compris une chose, j'aimais toujours ce que je faisais. Ce qui m'était arrivé chez Apple n'y changeait rien. J'avais été éconduit, mais j'étais toujours amoureux. J'ai alors décidé de repartir de zéro. Je ne m'en suis pas rendu compte tout de suite, mais mon départ forcé  d'Apple fut salutaire. Le poids du succès fit place à la légèreté du débutant, à une vision moins assurée des choses. Une liberté grâce à laquelle je connus l'une des périodes les plus créatives de ma vie. Pendant les 5 années qui suivirent, j'ai créé une société appelée NeXT et une autre appelée Pixar, et je suis tombé amoureux d'une femme exceptionnelle qui est devenue mon épouse. Pixar, qui allait bientôt produire le premier film d'animation en trois dimensions, Toy Story, est aujourd'hui la première entreprise mondiale utilisant cette technique. Par un remarquable concours de circonstances, Apple a acheté NeXT, je suis retourné chez Apple, et la technologie que nous avions développée chez NeXT est aujourd'hui la clé de la renaissance d'Apple. Et Laurène et moi avons fondé une famille merveilleuse. Tout cela ne serait pas arrivé si je n'avais pas été viré d'Apple. La potion fut horriblement amère, mais je suppose que le patient en avait besoin. Parfois, la vie vous flanque un bon coup sur la tête. Ne vous laissez pas abattre. Je suis convaincu que c'est mon amour pour ce que je faisais qui m'a permis de continuer. Il faut savoir découvrir ce que l'on aime et qui l'on aime. Le travail occupe une grande partie de l'existence, et la seule manière d'être pleinement satisfait est d'apprécier ce que l'on fait. Sinon, continuez à chercher. Ne baissez pas les bras. C'est comme en amour, vous saurez quand vous aurez trouvé. Et toute relation réussie s'améliore avec le temps. Alors, continuez à chercher jusqu'à ce que vous trouviez.
Pourquoi la mort est la meilleure chose de la vie  
Ma troisième histoire concerne la mort. A l'âge de 17 ans, j'ai lu une citation qui disait à peu près ceci : « Si vous vivez chaque jour comme s'il était le dernier, vous finirez un jour par avoir raison» Elle m'est restée en mémoire et, depuis, pendant les 33 années écoulées, je me suis regardé dans la glace le matin en me disant : « Si aujourd'hui était le dernier jour de ma vie, est-ce que j'aimerais faire ce que je vais faire tout à l'heure ? »  Et si la réponse est non pendant plusieurs jours à la file, je sais que j'ai besoin de changement. Avoir en tête que je peux mourir bientôt est ce que j'ai découvert de plus efficace pour m'aider à prendre des décisions importantes. Parce que presque tout, tout ce que l'on attend de l'extérieur, nos vanités et nos fiertés, nos peurs de l'échec s'efface devant la mort, ne laissant que l'essentiel. Se souvenir que la mort viendra un jour est la meilleure façon d'éviter le piège qui consiste à croire que l'on a quelque chose à perdre. On est déjà nu. Il n'y a aucune raison de ne pas suivre son cœur. Il y a un an environ, on découvrait que j'avais un cancer. A 7 heures du matin, le scanner montrait que j'étais atteint d'une tumeur au pancréas. Je ne savais même pas ce qu'était le pancréas. Les médecins m'annoncèrent que c'était un cancer probablement incurable, et que j'en avais au maximum pour six mois.
Mon docteur me conseilla de rentrer chez moi et de mettre mes affaires en ordre, ce qui signifie : « Préparez-vous à mourir »  Ce qui signifie dire à ses enfants en quelques mois tout ce que vous pensiez leur dire pendant les 10 prochaines années. Ce qui signifie essayé de faciliter les choses pour votre famille. En bref, faire vos adieux. J'ai vécu avec ce diagnostic pendant toute la journée. Plus tard dans la soirée, on m'a fait une biopsie, introduit un endoscope dans le pancréas en passant par l'estomac et l'intestin. J'étais inconscient, mais ma femme, qui était présente, m'a raconté qu'en examinant le prélèvement au microscope, les médecins se sont mis à pleurer, car j'avais une forme très rare de cancer du pancréas, guérissable par la chirurgie. On m'a opéré et je vais bien. Ce fut mon seul contact avec la mort, et j'espère qu'il le restera pendant encore quelques dizaines d'années. Après cette expérience, je peux vous le dire avec plus de certitude que lorsque la mort n'était pour moi qu'un concept purement intellectuel : personne ne désire mourir. Même ceux qui veulent aller au ciel n'ont pas envie de mourir pour y parvenir. Pourtant, la mort est un destin que nous partageons tous. Personne n'y a jamais échappé. Et c'est bien ainsi, car la mort est probablement ce que la vie a inventé de mieux.  C'est le facteur de changement de la vie. Elle nous débarrasse de l'ancien pour faire place au neuf. En ce moment, vous représentez ce qui est neuf, mais un jour vous deviendrez progressivement l'ancien, et vous laisserez la place aux autres. Désolé d'être aussi dramatique, mais c'est la vérité. Votre temps est limité, ne le gâchez pas en menant une existence qui n'est pas la vôtre. Ne soyez pas prisonnier des dogmes qui obligent à vivre en obéissant à la pensée d'autrui. Ne laissez pas le brouhaha extérieur étouffer votre voix intérieure. Ayez le courage de suivre votre cœur et votre intuition. L'un et l'autre savent ce que vous voulez réellement devenir. Le reste est secondaire. Dans ma jeunesse, il existait une extraordinaire publication The Whole Earth Catalog, l'une des bibles de ma génération. Elle avait été fondée par un certain Stewart Brand, non loin d'ici, à Menlo Park, et il l'avait marquée de sa veine poétique. C'était à la fin des années 1960, avant les ordinateurs et l'édition électronique, et elle était réalisée entièrement avec des machines à écrire, des paires de ciseaux et des appareils Polaroid. C'était une sorte de Google en livre de poche, 35 ans avant la création de Google. Un ouvrage idéaliste, débordant de recettes formidables et d'idées épatantes. Stewart et son équipe ont publié plusieurs fascicules de The Whole Earth Catalog. Quand ils eurent épuisé la formule, ils sortirent un dernier numéro. C'était au milieu des années 1970, et j'avais votre âge. La quatrième de couverture montrait la photo d'une route de campagne prise au petit matin, le genre de route sur laquelle vous pourriez faire de l'auto-stop si vous avez l'esprit d'aventure.

Dessous, on lisait : «Soyez insatiables. Soyez fous» C'était leur message d'adieu. Soyez insatiables. Soyez fous. C'est le vœu que j'ai toujours formé pour moi. Et aujourd'hui, au moment où vous recevez votre diplôme qui marque le début d'une nouvelle vie, c'est ce que je vous souhaite.
Soyez insatiables. Soyez fous.
 Merci à tous.

Steve Jobs 1955-2011

mardi 11 octobre 2011

Apple prépare un Hommage a Steve Jobs


 La firme à la pomme prépare une cérémonie d'hommage au siège de la  compagnie dans la Silicon Valley, en Californie. L'événement, réservé aux employés de la société, est prévu le 19 octobre dans l'amphithéâtre du siège de la compagnie à Cupertino, au sud de San Francisco.
"Nous prévoyons prochainement une célébration de la vie extraordinaire de Steve, pour les employés", avait déclaré Tim Cook, le patron d'Apple, dans un  communiqué publié le jour de la mort de Steve Jobs. Apple n'a pas précisé si elle prévoyait d'organiser une cérémonie publique. Un mouvement né sur internet réclame la création d'un Jour Steve Jobs informel, qui serait fixé au 14 octobre.
Par ailleurs, les autorités locales ont confirmé lundi que Steve Jobs était mort mercredi vers 15h, entouré de sa famille, dans sa maison de Palo Alto d'un arrêt respiratoire causé par une tumeur au pancréas. Aucune autopsie n'a été menée. Le co-fondateur d'Apple a été enterré vendredi dans un cimetière voisin, selon des documents publiés sur internet. Steve Jobs, décédé à l'âge de 56 ans, luttait contre le cancer depuis plusieurs années.

mercredi 21 septembre 2011

Compte Rendu du livre de Sauveur Pierre Etienne “L’énigme haïtienne Échec de l’État moderne en Haïti”



  1. Introduction
  2. Méthodologie
  3. Causes et Contexte
  4. Compte Rendu
  5. Critique
  6. Appréciation

Introduction
Sauveur Pierre  Etienne, docteur en science politique, chercheur postdoctoral au laboratoire genèse et transformation des mondes sociaux de l’EHESS-CNRS en France a écrit un ouvrage de calibre intitulé : ‘’ L’énigme haïtienne Échec de l’État moderne en Haïti’’. A travers ce texte, l’auteur  cherche à montrer d’une part,  la non-émergence de l’État moderne en Haïti résulte des décisions prises par les élites politiques dans un cadre contraignant, sur les plans interne et externe. D’autre part, il analyse comment ces décisions, jointes aux contingences de l’histoire et aux  conséquences  non recherchées ont contribué à transformer le contexte social et économique interne, affectant a son tour la sociogenèse de l’État haïtien. En effet, la problématique de l’ouvrage se statue sur la  non-émergence de l’état moderne en Haïti. Ce livre situe la construction de l’état haïtien dans la dynamique politique et économique globale de l’occident et analyse le contexte
Social et économique  dans lequel émergent les élites politiques sous un angle sociologique.

Ce texte qui se statue sur l’effondrement de l’État est un objet d’étude qui ne concerne pas seulement les Haïtiens ou les spécialistes d’Haïti, mais aussi tous ceux qui essayent de comprendre la formation de l’État moderne et son éventuelle faillite.


Quant à la maitrise de la problématique de l’État, il se sert en particulier des conceptualisations d’inspiration wébérienne du néo patrimonialisme et du néo-satanisme. Ces concepts ne lui permettent pas d’agrafer en profondeur ses analyses, parfois très fines, portant sur différentes séquences de l’histoire haïtienne. Finalement, il n’y a pas dans ce livre de véritable théorisation de l’État moderne en Haïti. Ce sont en quelques sortes les limites de ce texte.

Méthodologie
L’auteur pose l’hypothèse de la non-émergence de l’État moderne en Haïti comme source du sous-développement et des dictatures qu’a connues le pays. Sa méthodologie s’axe autour d’une réflexion sur les ressources théorique utilisées sur les travaux des autres chercheurs ayant travaillés sur le sujet. Il adopte une approche comparative en vue d’expliquer les rapports entre l’État et société en Haïti. Pour ce faire, il opère un découpage périodique tridimensionnel.
Analyse
La plus grande partie de l’ouvrage se présente comme une lecture de sociologie historique. Il s’agit d’un choix méthodologique, il s’agit d’une tendance de  tout un plan de littérature haïtienne ou sur Haïti qui éternellement revient a la fondation d’Haïti dans une sorte de tentative quasi psychanalytique de revivre, en la racontant, une expérience  originelle

 Causes et contexte
A la chute de la dictature des Duvalier, tous les espoirs étaient permis; élections démocratiques, assainissement et modernisation de l’administration publique, rationalisation de la gestion du pouvoir et renforcement des structures économiques et sociales. Mais l’instabilité politique chronique, le marasme économique, l’anarchie et le chaos généralisé ont conduit à l’effondrement de l’État dans ce pays, qui est pourtant la première république noire au monde. En parcourant de façon générale l’histoire d’Haïti, de la colonisation a nos jours, d’un point de vue sociologique, Sauveur P. Etienne explique les sources de sa succession de régimes dictatoriaux. Cet ouvrage remarquable fait l’état des lieux de la société haïtienne, permet de comprendre les élites politiques, L’état et les rapports transnationaux de pouvoir. Enfin, la dégradation des relations entre l’État et la société, relation qui ont fait échec  

Compte rendu
Voulant expliquer et comprendre l’échec de l’État moderne en Haïti, Sauveur Pierre Etienne présente l’ouvrage en trois parties.
Dans la première partie qui se compose de deux chapitres intitulés respectivement  ‘’ Configuration sociale et économique, État et rapport transnationaux de pouvoir a Saint-Domingue’’ et ‘’Élites politiques et sociogenèse de l’État haïtien : la dynamique externe et interne (1789-1803). L’auteur cherche à comprendre la colonisation de Saint-Domingue/Haïti par les français dans la dynamique globale de l’occident. En effet, les premiers colonisateurs luttaient  et faisaient des alliances pour le contrôle et le partage de l’Amérique plus précisément le bassin de la caraïbe. L’auteur avance trois éléments sur lesquels reposent les rivalités entre les puissances colonisatrices, qui sont le sucre, l’or et les esclaves. Ces derniers faisaient de la caraïbe une grande source de richesse et de pouvoir pour l’Espagne. C’est ce qui explique les rivalités d’une part entre l’Espagne  et le Portugal. D’autre part entre l’Angleterre, la France et la Hollande.
La destruction de l’invincible Armada par la flotte Anglaise en 1588 et l’arrivée du capitaine anglais Thomas Waner a Saint-Christophe le 28 Janvier 1624 serviront d’ouverture pour les français, les Anglais, les Danois, les Suédois, les Hollandais et plus tard les Américains en vue de coloniser certaines îles de la caraïbe. Il faut souligner que les guerres constantes entre les États Européens affectent la caraïbe et provoquent son morcellement. Ces différends entre ces États vont avoir des répercussions sur la région. C’est ce qui explique le partage de l’ile Hispaniola entre l’Espagne et la France par le traité de Ryswick en 1697. Après ce partage la partie française allait devenir plus riche et plus  prospère que la partie Espagnole. Cette prospérité est due grâce au système économique et politique qui prévalait en France à l’époque sans oublier les esclaves qui étaient la force motrice du système en place. Certains chiffres peuvent en témoigner : 80 000 tonnes de sucre et 40 000 tonnes de café et des milliers bateau qui assuraient le transport des produits en France, en Espagne et aux États-Unis. Saint Domingue allait devenir le plus grand producteur de sucre et du café dans le monde. C’est pourquoi on le considérait comme un « eldorado Agrocommercial » qui suscitait la convoitise des pays comme l’Angleterre et l’Espagne. Quoiqu’il était une colonie très prospère et était considéré somme un eldorado Agrocommercial, cette colonie était minée par des luttes de classe et race. A partir de la révolution française de 1789, la configuration sociopolitique de Saint Domingue allait être bouleverse. Par la, Saint Domingue allait connaître de nombreuses controverses et de l’anarchie. Cette situation créa des tentions entre les classes en présence. C’est ce qui donnera un nouvel État que nous appelons la sociogenèse de l’État haïtien. Le 29 aout 1793 Sonthonax proclama la liberté général des esclaves dans le Nord point de départ de l’escalade de la liberté et le 5 février 1794 la convention nationale française ratifiait l’affranchissement de tous les esclaves. Cette situation permettait l’émergence d’un noir dénommé Toussaint Louverture sur l’échiquier politique et social de Saint Domingue.

Dans la deuxième partie du livre subdivisé en trois chapitres intitulés respectivement ‘’ Les élites politiques et processus de consolidation de l’État haïtien (1804-1858); ‘’Les élites politiques et la phase de désintégration de l’État haïtien (1859-1915)’’ et’’ L’occupation Américaine comme conséquence de l’effondrement de l’État haïtien (1915-1934), Sauveur Pierre Etienne se concentre sur les élites politiques et la construction de l’État haïtien à la lumière des contraintes internes et externes. Au lendemain de 1804, la configuration sociale, économique et culturelle changent par la victoire des troupes indigènes sur le corps expéditionnaire de Napoléon Bonnaparte. Ce qui consacra la destruction de l’État colonial français à Saint-Domingue mais aussi, et surtout, la naissance de l’État Haïtien. Première révolte victorieuse d’esclaves de l’histoire de l’humanité, première république noire du monde et second État indépendant du Nouveau Monde. Ainsi nous allons assister à des phases de consolidation et de désintégration de l’État haïtien tout au long du XIXe siècle et l’occupation américaine comme conséquence de l’effondrement de cet État. Ainsi le processus de consolidation de l’État se caractérise par la cristallisation des tendances lourdes, la réunification du territoire nationale et l’unification de l’ile et le paiement de la dette de l’indépendance. Malgré ce paiement, la France ne reconnut l’indépendance d’Haïti en 1838. Le régionalisme, le militarisme et la corruption sont des facteurs de désintégration de l’État. En ce sens, il convient de souligner que jusqu’en 1913 tous les chefs d’État haïtiens sont des généraux. Et sur les 26 chefs d’État qui dirigèrent pays de 1804 a 1915, seulement deux étaient originaires de Port-au-Prince. Le régionalisme et le militarisme ont augmente l’intensité et l’âpreté des luttes politiques dans le pays, créant ainsi une situation d’instabilité permanente, très néfaste aux développements social et économique. En matière de corruption, les militaires, serviteurs de l’État et commerçant étrangers ne faisaient que suivre le comportement des chefs d’État haïtiens. Tous ces facteurs vont contribuer a l’effondrement de l’État jusqu'à 1915.      
Selon Gidden dans les typologies de l’État on distingue, l’État d’origine classique, l’État d’origine coloniale, l’État postcolonial  et l’État modernisateur.

La troisième partie du livre subdivisé en trois chapitres analysent l’échec de l’occupation Américaine, la crise sociétale et les réponses des élites politiques. Les chapitres s’intitulent : "La crise de 1946 : résurgence de l’État neopatrimonial haïtien et dysfonctionnement total des institutions de l’État post occupation ";  " De la résurgence de l’État neopatrimonial haïtien a l’instauration de l’État neosultaniste duvalerien "; " La crise de 1991-1994 ou l’effondrement de l’État haïtien ". L’auteur cherche par tout les moyens a mettre en évidence les rapports interdépendance complexe et dynamique entre politique, économique et société a travers les variables élites politiques, rapport transnationaux de pouvoir en Haïti et État. Ainsi, la stabilité politique, le fonctionnement de la démocratie représentative, et l’alternance pacifique sont entre autres des facteurs ayant garanti l’échec des occupants.
           
Critique
L’auteur a fait de nombreuses répétitions dans le texte. A titre d’exemple, la non émergence de l’État moderne en Haïti résulte des décessions prises par les élites politiques, dans un cadre contraignant, sur les plans interne et externe. Ces décisions, joints aux contingences de l’histoire et aux conséquences non recherchées, ont contribue à transformer le contexte social et économique Interne. Ce paragraphe se trouve dans  l’introduction page 23, 24 et la conclusion. Face a ce constat d’échec de l’État moderne en Haïti, Sauveur P. Etienne n’a pas fait de recommandations bien qu’il a soulevées de nombreux dans la conclusion.

Appréciation
Le texte de L’auteur est bien articule. Il avance des arguments assez solide pour retracer les différentes situations de controverses ou crises qui ont contribue a l’échec de l’État moderne dont il parle dans le texte. Il a touché les tous grands moments de notre histoire de 1804 jusqu'à la chute du gouvernement  d’Aristide en 2004. Donc, Pierre E. se révèle un écrivain de calibre a travers cette œuvre.
                                                                                                                                   Gelin Walden