mardi 1 mai 2012

Discours du président Michel Joseph Martelly dans le salon diplomatique de l'aeoroport de Port-au-Prince a son retour

 bonjour, je vais commencer par saluer le grand Maître, qui a le pouvoir de la vie et qui me permet aujourd'hui d'être devant vous, de continuer à travailler pour donner satisfaction au peuple haïtien et répondre à ses attentes, depuis qu'il m'a choisi en mars 2011, comme Président d'Haïti.

Je remercie tout le monde, d'ici et de l'étranger, toutes les organisations religieuses, civiles, politiques, vous tous qui avez prié pour moi, qui avez envoyé des messages d'encouragement et qui ont permit que les prières montent pour que la grâce descende et que mon état de santé s'améliore.

Je remercie tous les docteurs qui ont prit soin de moi tant en Haïti qu'à l'étranger, et qui ont permit qu'aujourd'hui, je sois sur pied. Encore une fois, je suis fier que ce soit des médecins haïtiens.

Je remercie également le législatif qui a envoyé une délégation à Miami pour me visiter et qui a également porter une lettre de souhaits du Président du Parlement, M. Desras. Dans cette lettre, il m'a souhaité un bon rétablissement et a également offert un « Tèt Ansanm », un Tèt Ansanm, pour que le pays puisse avancer, j'apprécie ça et j'encourage ce Tèt Ansanm.

Je salue tous les représentants du pouvoir judiciaire, je veux vous rappeler, que c'est lorsque ces trois pouvoirs se mettront ensemble, qu’Haïti pourra livrer la bataille contre tous les fléaux qui sont en face de nous. C'est à ce moment là, que nous pourrons relever tous les défis, que nous pourrons changer la vie de chaque haïtien. Songeons à la devise de notre drapeau...

[...] je salue le peuple haïtien tout entier, je sais que vous aviez envie de me voir, vous êtes venu me voir aujourd'hui, me voici. Comme vous pouvez le constater, je suis debout en forme. Je suis revenu continuer le travail et relever tous les défis du moment.

Je connais tous les problèmes que vous venez de subir. Des problèmes qui découlent des faiblesses de nos institutions, c'est pour ça que j'ai toujours dit que ce travail, je ne pourrais pas le faire tout seul. Il faut que le peuple soit avec nous, il faut que vous m’aidez dans cette lutte, j'ai besoin du concours de chaque haïtien, de votre implication, de votre aide parce qu'il faut que nous gagnions ce combat.

J'en profite pour lancer un appel à l'international également, pour qu'il continue à nous aider dans le renforcement de nos institutions. Tous les problèmes que nous confrontons aujourd'hui, découlent, encore une fois je le répète, de la faiblesse de nos institutions, elles manquent de ressources et d'argent pour se renforcer [...]

Avant de finir, je vais demander au Parlement de continuer d'activer le processus de ratification du Premier Ministre, j'en profite pour féliciter la première étape au niveau du Sénat, merci pour la diligence, merci pour la décision que vous avez prise de ratifier le Premier Ministre désigné [...]

Grâce à l’installation d'un nouveau Gouvernement, un nouveau budget va être voté, les projets pourront être réalisés, les infrastructures vont être construites, Port-au-Prince va devenir un chantier, la décentralisation va se faire. Je vais ouvrir le chemin pour l'organisation des élections, pour combler tous les vides, pour que nous avancions sur le chemin du développement.

Merci encore, j'avais envie de vous voir, et je suis très content d'être retourné chez-moi en Haïti, rien ne dépasse lakay.

En avant, mettons nous ensemble, impliquons nous tous dans le changement, pour que nous puissions apporter la victoire pour le peuple Tet Kalé.

Merci. 

dimanche 15 avril 2012

condition de naissance des sciences humaines aux XIXe siècles


PLAN
I. INTRODUCTION
II. DÉVELOPPEMENT
A) Définition des sciences humaines et de l’anthropologie
B) Les conditions de naissance des sciences humaines
C) Diversification  des sciences humaines

III.  CONCLUSION
IV.  BIBLIOGRAPHIE ET WEBOGRAPHIE














I- Introduction
Ce travail s’inscrit dans le cadre du cours d’Anthropologie culturelle dispensé par le professeur JEAN Coulanges à la faculté des sciences humaines de l’Université d’État d’Haïti. Il consiste à faire ressortir les conditions de naissance des sciences humaines au XIXème  siècle. C’est un sujet de recherche très pertinent considérant notre champ d’étude. Évidement on ne peut contester les apports des sciences humaines et sociales dans l’évolution de l’humanité. Ces sciences sont des produits historiques. Alors, pour pouvoir mieux les appréhender, il faut remonter à leur genèse. Mais, faute de documentation,  il est particulièrement difficile de remonter à la naissance des sciences humaines  au XIXème siècle. Les documents faisant l’historique des sciences humaines sont extrêmement rares et pratiquement inaccessibles aux étudiants en sciences humaines et sociales en Haïti. Selon nos documentations, petites mais très convaincantes, nous avons découvert que les sciences humaines découlent de la philosophie. Le caractère inexact et  non mesurable constituera un problème fondamental pour les sciences humaines. L’objet d’étude de ces dernières est l’être humain lui-même et les faits humains. L’être humain est imprévisible, c’est un être qui parle, qui réfléchit, enfin c’est un être complexe. C’est de là que vient le caractère inexact et non mesurable des sciences humaines. Alors, le problème majeur consistera à donner aux faits sociaux une dimension concrète et opérationnelle pour pouvoir être évalués identiquement par différents observateurs.
Les bouleversements qui ont eu lieu au XIXème siècle vont pousser les scientifiques d’alors (philosophes, physiologistes et les médecins), à profiter des progrès des autres sciences comme la biologie et la physique qui essayaient de décrire la réalité humaine sous la base d’observation et d’expérimentation elle aussi. De ces efforts, débouchera un nouveau secteur de la science, celui des sciences humaines.
Par la suite, les sciences humaines allaient se diversifier. Elles ont le même objet d’étude certes, mais chacune des disciplines des sciences humaines s’intéresse à un aspect diffèrent suivant son centre d’intérêt.


II- Développement
A- DÉFINITION DES SCIENCES HUMAINES ET DE L’ANTHROPOLOGIE
• Définition des sciences humaines.
Les sciences humaines étudient les gens dans leurs rapports réciproques et dans leurs rapports avec le monde qui les entoure. Il s'agit d'un domaine interdisciplinaire qui fait appel à l'histoire, à la géographie, aux sciences économiques, au droit, aux sciences politiques et à d'autres disciplines. Les sciences humaines examinent essentiellement les rapports dynamiques des êtres humains avec leurs milieux social, physique, spirituel, culturel, économique, politique et technologique […] .

• Définition de l’Anthropologie.
Anthropologie, étude des caractéristiques anatomiques, biologiques, culturelles et sociales des êtres humains. Cette science est divisée en deux branches principales : l’anthropologie physique, qui étudie l’évolution biologique et l’évolution physiologique de l’homme (Homo sapiens), et l’anthropologie sociale et culturelle, qui étudie la vie des sociétés humaines, présentes et passées, les évolutions de leurs langues, des croyances et des pratiques sociales. L’objet général de l’anthropologie est de faire de l’homme et de toutes les dimensions de la vie humaine l’objet d’un savoir positif.


B- Les conditions de naissance des sciences humaines.
Concernant la destinée humaine et la nature des sociétés, les réflexions sont peut-être aussi anciennes que l’humanité elle-même. Au début les religions et les mythes ont essayé d’apporter des éléments de réponses aux grandes énigmes sur la nature humaines, mais les Chinois, les Égyptiens, les Grecs vont essayer de démystifier ces éléments de réponses pour apporter des réponses rationnelles à ces phénomènes. Ensuite, nous retrouvons les philosophes qui vont beaucoup discourir sur l’esprit humain, les racines de la société et la marche de l’histoire. Subitement, cet intérêt pour la connaissance scientifique va décroître au cours des premiers siècles de notre ère. Au moyen-âge, l’Église contrôlera la connaissance à partir de leur dogme  basé sur  l’idée d’un Dieu créateur responsable de tout ce qui existe sur la terre et dans l’univers.  Mais il a fallu attendre jusqu’au XVIIIème siècle pour voir naitre le projet de créer une « science de l’homme ». Il va y avoir un développement au niveau des sciences, les discours philosophiques seront remplacés par des observations, précises, systématiques et expérimentables.  L’apparition du colonialisme va modifier les rapports entre les hommes dits « primitif » et les hommes dits « évolués ». Les révolutions américaines et françaises vont éveiller l’idée de nation, le problème de la démocratie et de l’éducation citoyenne. La théorie de l’évolution de Charles Darwin en 1859 va tout changer de la conception qu’on se faisait de l’homme, cette théorie rejette l’idée que l’homme est l’image du créateur mais plutôt une évolution de l’animal à l’homme . Tous ces problèmes vont pousser les philosophes, les biologistes, et les médecins à se servir des progrès effectuer par des sciences telles que la physique, et la biologique pour dépeindre la réalité humaine  sous la base d’observation et d’expérimentation elle  aussi. De ces efforts, débouchera un nouveau secteur de la science, c’est celui des sciences humaines. Les sciences dites « exactes » vont se défaire de la philosophie, mais l’étude de la réalité sociale et humaine restera souder à la philosophie. Contrairement aux sciences dites exactes, il était difficile pour les sciences humaines et sociales de se détacher de la philosophie. Pour trouver son identité, il était impératif pour cette nouvelle approche de se forger des méthodes qui s’appuient sur une démarche scientifique méticuleuse, parce qu’elle partage le même objet d’étude que la philosophie à savoir l’être humain et la société dans laquelle elle évolue. (GODEFROID, Jo. 2008, page 8).
L’une des difficultés auxquelles font face les chercheurs en sciences humaines, c’est que leur objet d’étude  est un être qui parle, qui agit, qui réfléchit, qui est imprévisible enfin, c’est un être complexe. Autre chose encore, le plus souvent, ils font partie intégrante du phénomène observé et ont en quelque sorte une influence sur ce phénomène ou sur le comportement des acteurs à cause de leur présence. « Par exemple, autant il est facile pour un physicien ou un chimiste de prédire le résultat d’un mélange, d’une fusion  d’un métal quelconque à telle ou telle température, autant il semble a priori impossible de mesurer les sentiments d’une personne pour une autre, ou les risques de suicide dans une population en difficulté économique. Alors, le problème majeur pour le chercheur sera de trouver des méthodes pour aborder les phénomènes de manière objective ». (GODEFROID, Jo. 2008, page 8).
Même s’il est apparemment possible d’adapter aux faits humains les méthodes mises aux points  par les autres sciences, le plus difficile reste encore à venir parce qu’il faudra donner à ces faits une dimension assez concrète et opérationnelle, pour qu’ils puissent être évalués de manière identique par différents observateurs. Ainsi :
Le suicide, en tant que fait social, sera traité par les premiers sociologues comme une « chose », mesurable statistiquement; les sensations ou les sentiments deviendront des « éléments » ou des « atomes » de l’esprit, pour les premiers psychologues; le comportement des consommateurs sera évalué à partir d’ « unité monétaires», etc.  
Ainsi, les sciences humaines se sont détachées de la philosophie grâce aux efforts des différents scientifiques qui se sont adonnés à la mise en place de nouvelles disciplines, de nouvelles méthodes pouvant évaluer les faits humains.  



C- Diversification  des sciences humaines.
 Les sciences humaines allaient se diversifiées : «  Dès le début, un problème sérieux se pose. Il concerne la façon dont doit être envisagée l’étude de cette réalité qui s’appuie sur les deux dimensions de l’être humain. Celui-ci est en effet à la fois un « je » distinct des autres, une sorte de centre qui ressent, pense et agit, qui a une histoire unique, et un « être social » dont la plupart des comportements ne peuvent se concevoir en dehors d’un environnement social organisé, constitué par la famille, le groupe, la communauté, ou encore la nation » . Depuis longtemps et jusqu’à aujourd’hui, cette dualité de l’être humain se trouve au centre des débats qui dès le XIXème siècle ont abouti à une séparation entre la psychologie (science des activités mentales et du comportement) et les sciences sociales telles que l’anthropologie, la sociologie et les sciences économiques, politiques, religieuses qui s’intéressent de l’aspect socio-culturel des phénomènes humains.  Les écrivains du siècle des lumières tels que Vico, Hume, Condorcet et Kant s’adonnaient à construire une nouvelle science. Ils ont simultanément trouvé d’autres penseurs en France qui se sont regroupé autour d’un projet appelé « société des observateurs de l’homme »  pour  donner corps à leurs projets. Cette société regroupait des naturalistes, des historiens, des philosophes et des médecins. Dès sa formation elle envoie une expédition dans le sud du globe pour examiner la vie des peuples primitifs. Elle avait pour mission d’étudier l’homme sur tous ses aspects, physiques, intellectuels et moraux. Si l’on compare ce projet à ce qu’est l’anthropologie aujourd’hui, à savoir : (réaliser des observations, recueillir des faits sur l’homme ‘’sauvage’’ afin de comprendre comment l’être humain se construit peu à peu par l’éducation et la culture), on peut affirmer qu’il était réellement anthropologique. Même si les sciences humaines ont en commun leur objet d’étude  principal, mais elles se diversifient par les différents aspects qui leurs intéressent selon leur centre d’intérêt.  


III- Conclusion
La religion et les mythes constituaient les principaux repères quand il s’agit de donner des réponses aux phénomènes sociaux, aux faits humains avant l’émancipation des sciences humaines et sociales. Pour les sciences humaines, il était particulièrement difficile de se détacher de la philosophie considérée comme leur mère. Étant donner qu’elles partagent le même objet d’étude avec la philosophie, elles se trouvaient dans l’obligation de se forger de nouvelles méthodes rigoureuses afin d’acquérir son autonomie vis-à-vis de la philosophie. Grâce aux efforts des penseurs du XIXème siècle et de leurs ancêtres, va apparaitre un autre secteur de la science, celui des sciences humaines. Alors, les faits humains vont  commencer à être aborder et expliquer de manière rationnelle, de manière scientifique.










IV
BIBLIOGRAPHIE
1- Jo Godefroid, Psychologie, science humaine et science cognitive, Belgique, De Boeck université, 2 éd., septembre 2008.

WEBOGRAPHIE
1- http:// www.wikipedia.fr
2- http:// www.microsoftencarta.fr
3- http:// www.edu.gov.mb.ca
4- http://  www. ifsi.paca.free.fr/

mercredi 4 avril 2012

rapport préliminaire de la commission d'Etat d'organisation de la composante militaire de la force publique


PLAN DU RAPPORT PRELIMINAIRE :

1 - Lettre explicative de couverture au Président de la République
2 - Contexte et état des lieux
3 - Historique de la question

4 - Échéancier : 
Court Terme (janvier - novembre 2012)
PHASE I Préalables
PHASE II Mise en œuvre
PHASE III Entrée en service officielle

Moyen Terme (décembre 2012 - décembre 2014)
Poursuite du processus d'implémentation de la Force

Long Terme ( janvier 2014 et +)
Opérationnalisation de la Force avec son effectif complet



1 - LETTRE EXPLICATIVE DE COUVERTURE AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE :
« Monsieur Michel Joseph Martelly
Président de la République
Palais National

Monsieur le Président,

La Commission d'Etat d'Organisation de la composante militaire de la Force Publique créée par Arrêté en date du 21 novembre 2011 vous présente ses respects et a l'honneur de soumettre à votre attention, conformément aux termes de son mandat principal, le rapport d'étapes annexé à la présente correspondance.

Dans ce travail préliminaire de synthèse qui annonce, par anticipation, les grandes lignes du Rapport final, l'accent est mis sur certains préalables indispensables à la réalisation des phases concrètes de l'organisation de la Force Militaire dont l'entrée en service officielle pourra coïncider avec la commémoration de la bataille de Vertières et du jour des Forces Armées, le 18 novembre 2012.

Ces préalables comprennent entre autres :

  • l'interdiction sur tout le territoire des recrutements et entrainements illégaux de type militaire,
  • la solution du problème d'indemnisation et de pension de l'ancien personnel des Forces Armées d'Haïti,
  • la définition avec la Minustah d'une stratégie conjointe de retrait progressif de ses troupes
  • le dépôt au Parlement du projet de loi organique du Ministère de la Défense
  • la réflexion sur la mise en application du service civique mixte obligatoire.
    une campagne de communication et sensibilisation.

De telles mesures serviront à mieux informer les instances tant nationales qu'internationales sur le cheminement suivi par la Commission aux fins d'atteindre ses objectifs.


Monsieur le Président,

Pour produire ce rapport préliminaire, la Commission a été amenée à:

  • élaborer un formulaire de consultation à l'intention des secteurs vitaux de la Nation via les délégations, vice-délégations et les Mairies et se fixer un délai raisonnable pour recevoir les avis desdits secteurs.
  • recenser l'effectif de l'ancien personnel des Forces Armées d'Haïti en attendant qu'il satisfasse aux critères d'évaluation et de rengagement tels que l'âge, l'état de service et de santé, le casier judiciaire.
  • proposer une solution définitive au problème d'indemnisation de l'ancien personnel des FADH par l'émission en faveur des intéressés de chèque mensuel d'indemnité jusqu'à extinction complète de la balance restante.
  • procéder à l'inventaire des bases urbaines de la Minustah devant être prises en charge par la PNH et celles en dehors des villes par la nouvelle force militaire haïtienne
  • prendre en compte les points et zones stratégiques du pays tels que : Barrages hydro-électriques, Centrales thermiques, Chutes d'eau, Salagnac, Fressac, Chien Content, Boutiliers, Centrale de communication, Centrale de distribution d'eau, Palais National, terminaux pétroliers et Centres de stockage des produits pétroliers, Ports et Aéroports, nappes phréatiques, zones protégées,
  • retenir les sites pour l'implantation respective des Quartiers Généraux des régions militaires de l'Ouest-Sud-Est, de l'Artibonite-Centre, du Grand Nord et du Sud-Grand-Anse-Nippes.
  • identifier comme sources de financement de la composante militaire de la Force Publique : les revenus sur les investissements du fonds de pension des FADH, une ponction raisonnable sur le budget du Fond d'Entretien Routier (FER) pour le Corps du génie et la mise en œuvre de la recommandation de principe de la Banque Mondiale qui prévoit l'affectation de 1 à 2% du Produit National Brut à l'organisation de toute Force Militaire.
  • proposer un plan quinquennal de développement et de financement de la nouvelle Force
  • établir une liste de champs : doctrine et justice militaire sur lesquels des projets de lois et de normes seront
  • proposer pour étoffer le cadre légal des Forces Armées d'Haïti, nouvelle version.
  • retenir le Service de santé, le Service Juridique, le Corps du génie, le Service d'agronomie, le service d'agents frontaliers et forestiers comme unités prioritaires à rendre opérationnelles pour assurer la relève au fil du désengagement progressif de la Minustah.

Monsieur le Président,

La Commission voudrait particulièrement solliciter votre attention sur le caractère flexible des phases séquentielles d'implémentation du projet dont l'opportunité et la faisabilité ont déjà fait l'objet d'un très large consensus national comme en témoignent les 64% d'opinions favorables obtenus lors du sondage réalisé au premier semestre de l'année 2004. A cet effet, la Commission recommande à court terme de mettre à profit l'élan de sympathie de la population et le support de nos partenaires pendant qu'elle poursuit les consultations avec les secteurs vitaux de la Nation, l'inventaire des moyens matériels disponibles, l'élaboration de normes et l'identification de toutes autres sources de financement nécessaires au fonctionnement de la nouvelle force.

Tout en vous remerciant de la confiance dont vous avez bien voulu l'honorer, la Commission vous prie, Monsieur le Président, de bien vouloir agréer l'expression de ses salutations les plus déférentes. »

Yvan Richard Maurrasse, Secretaire d'état à la défense, President
Reginald Delva, Secretaire d'etat à la Securite publique, Vice-President
Jean Bergenarc Barrethe, Secrétaire Rapporteur
Gérard Gourgue, Membre
Georges Michel, Membre
Jean Thomas Cyprien, Membre
Guy Noël, Membre



2 - CONTEXTE ET ÉTAT DES LIEUX :
« Depuis Février 2004 et pour la troisième fois dans son histoire, la République d’Haïti voit son sol souillé, sa souveraineté violée et les droits élémentaires de ses ressortissants foulés aux pieds. L’impact de cet événement sur le comportement des citoyens est désastreux. Le sentiment d’une forme de tutelle imposée est unanimement partagé au point que les clivages idéologiques, les sensibilités politiques, les désaccords et les divergences s’estompent au regard de l’urgence qu’il y a de mettre fin à cette anomalie grave. Les tensions sociopolitiques enregistrées tout au long de l’année 2003 étaient déjà les prémices d’une crise irréversible.

En effet, sur fond de polarisation extrême et de violence larvée, des secteurs politiques et sociaux antagoniques se sont affrontés sans que l’un ou l’autre eut pu tenir un discours articulé et cohérent, annonciateur d’une alternative crédible. D’un conflit haïtiano-haïtien, il a fallu peu de temps pour qu’il se transformât en crise internationale aux dimensions, à vrai dire, exagérées dont s’est saisi le Conseil de Sécurité en invoquant les dispositions du chapitre VII de la Charte des Nations Unies applicable aux Etats Membres dont la situation interne constitue une menace pour la paix, une rupture de la paix ou un acte d'agression à l’échelle régionale ou mondiale.

Ainsi, en votant la résolution 1542 du 30 avril 2004 et en déclarant agir en vertu du chapitre sept de sa charte constitutive, le Conseil de Sécurité confère-t-il à l'Etat d’Haïti le titre peu envieux de pays dont la situation interne menace la paix, la sécurité et la stabilité dans la région. Depuis lors, et ce, jusqu'à la résolution du 15 octobre 2011 reconduisant le mandat de la MINUSTAH pour une nouvelle période de 12 mois, le Conseil de Sécurité, quoi qu’il ait admis que des progrès ont été accomplis sur le terrain, ne manque jamais d’invoquer le chapitre VII qui d'ailleurs ne cadre nullement avec la situation d'Haïti.

Quelle est aujourd’hui la validité et la pertinence de cette assertion faisant de l'Etat d'Haïti une menace pour la paix et la stabilité dans la région? Après plus de sept ans, le moment n’est-il pas venu de dresser sans complaisance aucune, le bilan du travail réalisé par la MINUSTAH qui a pris le relais de la Force Multinationale Intérimaire (France, Etats-Unis, Canada et Chili) avec une feuille de route précise et claire?

Il est indéniable qu'avec la disparition de certaines zones de non droit et de certains gangs armés qui défiaient les forces de l'ordre, la MINUSTAH a fini par engranger quelques succès, mais bien en deçà de sa taille et son armement sophistiqué. L’organisation des élections, très hypothétique au début, a pu devenir une réalité même s'il faut constater un décalage dans la périodicité clairement indiquée dans la constitution. En effet, des élus ont pu succéder à des élus sans que cela puisse soulever de problèmes majeurs, cependant ces quelques succès de la MINUSTAH déployée en Haïti dans le but d’y établir un climat sûr et stable comme préalable de tout progrès économique et social demeurent insuffisants pour affirmer que l’objectif a été atteint.

Des zones d’ombre subsistent encore compte tenu de nombreux facteurs internes et externes. De plus, cette opération de déploiement s’est déroulée par nécessité en contradiction avec les prescrits de la Constitution qui dispose en ses articles 263 et 263-1 : "La force publique se compose de deux corps distincts, à savoir la police nationale et les forces armées d’Haïti et qu'aucun autre corps ne peut exister sur le territoire national". D'autres dérives, dénoncées et documentées ont contribué a ternir l'image de la MINUSTAH et pervertir l'idéal des Nations Unies

Ainsi, la MINUSTAH, quelqu’ait pu être la raison de sa présence sur le sol national et l’utilité de son action devra se désengager progressivement selon un calendrier précis aussi bien par principe que par stratégie. Alors, il appartient aux Haïtiens de combler le vide qui en résultera, ceci relevant du sens commun et découlant de la simple logique. Du coup se trouve posée la question de la prise en charge de la sécurité nationale par les instances haïtiennes.

La nécessité de combler le vide à venir porte les haïtiens à mieux se comprendre. A ce titre, il est tout à fait encourageant de constater que, par rapport à l’Armée, le consensus le plus large est réalisé, la masse critique est atteinte au point que les discussions, même houleuses, portent davantage sur la forme que sur le fond c'est-à-dire de quel type d’armée le pays a besoin. Les consultations engagées auprès des secteurs vitaux du pays représentés par la société civile plurielle participe de la volonté des dirigeants actuels d’associer et d’impliquer la nation dans une campagne longue peut-être mais combien exaltante de reconquête de notre dignité nationale.

La quasi-totalité des haïtiens réalisent qu’une maison ne peut être bien gardée, protégée et défendue que par ceux qui l’ont reçue en héritage

3 - HISTORIQUE DE LA QUESTION :
A partir du 1er février 1916 date à laquelle une nouvelle force créée par l'Occupant remplaça l'armée nationale, les fonctions de police et d'armée furent assurées par une force unique qui prit tour à tour les noms de Gendarmerie (1916-1928), Garde d'Haïti (1928-1947), Armée d'Haïti (1947-1958) et Forces Armées d'Haïti (1958-1995).

Les Constitutions de 1946 et de 1987 tentèrent d'y remédier en créant 2 entités distinctes, l'Armée et la Police, mais ces dispositions restèrent lettre morte et ce jusqu'au démantèlement en 1995 de la force armée créée en 1915 et à son remplacement par la PNH à qui on demandait de faire le même travail d’armée et de police.

Dès la création de la PNH, des observateurs lucides avaient signalé que la démobilisation des FADH et la dévolution de toutes leurs attributions à la PNH était une décision irréfléchie lourde de conséquences.

L'effondrement sécuritaire et sociopolitique provoqué par les événements de 2003-2004 et l'intervention militaire qui s'ensuivit ont prouvé qu'aucune police ne peut remplir les missions dévolues aux forces armées.

Depuis lors, la question du retour de l’Armée se posa déjà comme une évidence, en témoignent les 64% d'opinion favorable à la remobilisation des FADH obtenus dans un sondage réalisé au 1er semestre de 2004.
Dans la foulée, d'abondantes réflexions sur la question ont été produites par deux Commissions respectivement en 2004-2006 et 2007-2009.

Si les Rapports de ces Commissions n'ont pas débouché sur la remobilisation de l'Armée ils ont eu, en revanche, le mérite d'avoir entretenu sur la question un débat qui est loin d'être clos et d'avoir fait considérablement avancer le dossier du point de vue de la réflexion sur le sujet.

Entre 2010 et 2011, la question de l'armée a été l'un des thèmes de campagne de bon nombre de candidats dont l'actuel Président Michel Joseph Martelly qui s'est d'ailleurs prononcé publiquement en faveur de l'existence d'une armée conformément aux prescrits constitutionnels.

Aujourd'hui, l'opportunité et la faisabilité de la remobilisation de l'Armée font l'objet d'un large consensus et les préoccupations portent davantage sur la forme que sur le fond. C’est donc dans cet esprit qu'a été créée par Arrêté en date du 21 novembre 2011 la Commission d’Etat pour l’organisation de la composante militaire de la force publique avec la mission principale de soumettre au Président de la République un échéancier d'organisation de ladite force le 1er janvier 2012.


4 - ECHEANCIER D'ORGANISATION DE LA COMPOSANTE MILITAIRE DE LA FORCE PUBLIQUE :

Cet échéancier tient compte du calendrier de désengagement de la MINUSTAH et porte sur la formation d'un effectif de 3,500 hommes sur une période de trois ans et demi selon le chronogramme suivant :

PHASE I - LES PRÉALABLES (Janvier - novembre 2012)


1. Communiqué d'interdiction des recrutements et entrainements illégaux de type militaire
2. Démarrage de la campagne de communication et de marketing du projet
3. Annonce de la solution du dossier d'indemnisation des membres de l'ancien personnel des FADH
4. Soumission au Parlement du plan quinquennal de financement de 5 ans de la Nouvelle Force
5. Soumission d'une loi organique du Ministere de la défense
6. Opérations d'évaluation de l'effectif de l'ancien personnel des Forces Armées d'Haïti
7. Reconstitution des carrières du personnel militaire et publication de la liste des mises à la retraite.
8. Définition d'une stratégie de sortie de la MINUSTAH
9. Publication du Rapport final de la Commission d'état


PHASE II - LA MISE EN ŒUVRE

10. Nomination d'un Etat-major de transition

Chef d'État-major : Général de brigade
G1 (Personnel) : Colonel
G2 (Renseignement) : Colonel
G3 (Entraînement) : Colonel
G4 (Logistique) : Colonel
G5 (Communication) : Colonel
Secrétaire de l'État-major : Colonel

11. Mise en place d'une structure de coordination avec la Minustah et avec la PNH
12. Recrutement du personnel administratif et technique de soutien à l'Etat-major de transition
13. Prise en charge et fermeture du bureau des militaires démobilisés
14. Délimitation des sites des Quartiers Généraux des 4 régions militaires et des postes d'observation
15. Aménagement et préparation des bases d'entrainement
16. Recyclage du personnel militaire évalué et retenu
17. Création d'un Comité d'application du Service Civique Mixte obligatoire
18. Prise en charge des bases désoccupées par la MINUSTAH
19. Poursuite de la campagne de communication


PHASE III - ENTRÉE EN SERVICE OFFICIELLE


20. Processus d'opérationnalisation des unités et corps prioritaires de la nouvelle Force
21. Ouverture du registre d'inscription pour les 500 premières recrues
22. Commémoration de la bataille de Vertières et entrée en service officielle de la nouvelle Force

Moyen terme : (novembre 2012 -novembre 2014)

23. Identification des pistes d'atterrissage
24. Activation des autres Régions Militaires
25. Réactivation des services techniques
26. Réouverture de l'Académie Militaire
27. Poursuite des opérations de recyclage et de recrutement
28. Poursuite des opérations de prise en charge des bases désoccupées par la MINUSTAH

Long terme : (novembre 2014 à + )

29. Opérationnalisation de la Nouvelle Force avec son effectif total de 3,500 hommes
30. Départ définitif de la MINUSTAH
31. Evaluation et renforcement de la structure de coordination avec la PNH
32. Occupation des zones stratégiques et Contrôle effectif du territoire
33. Spécialisation et formation continue
34. Evaluation périodique