dimanche 15 avril 2012

condition de naissance des sciences humaines aux XIXe siècles


PLAN
I. INTRODUCTION
II. DÉVELOPPEMENT
A) Définition des sciences humaines et de l’anthropologie
B) Les conditions de naissance des sciences humaines
C) Diversification  des sciences humaines

III.  CONCLUSION
IV.  BIBLIOGRAPHIE ET WEBOGRAPHIE














I- Introduction
Ce travail s’inscrit dans le cadre du cours d’Anthropologie culturelle dispensé par le professeur JEAN Coulanges à la faculté des sciences humaines de l’Université d’État d’Haïti. Il consiste à faire ressortir les conditions de naissance des sciences humaines au XIXème  siècle. C’est un sujet de recherche très pertinent considérant notre champ d’étude. Évidement on ne peut contester les apports des sciences humaines et sociales dans l’évolution de l’humanité. Ces sciences sont des produits historiques. Alors, pour pouvoir mieux les appréhender, il faut remonter à leur genèse. Mais, faute de documentation,  il est particulièrement difficile de remonter à la naissance des sciences humaines  au XIXème siècle. Les documents faisant l’historique des sciences humaines sont extrêmement rares et pratiquement inaccessibles aux étudiants en sciences humaines et sociales en Haïti. Selon nos documentations, petites mais très convaincantes, nous avons découvert que les sciences humaines découlent de la philosophie. Le caractère inexact et  non mesurable constituera un problème fondamental pour les sciences humaines. L’objet d’étude de ces dernières est l’être humain lui-même et les faits humains. L’être humain est imprévisible, c’est un être qui parle, qui réfléchit, enfin c’est un être complexe. C’est de là que vient le caractère inexact et non mesurable des sciences humaines. Alors, le problème majeur consistera à donner aux faits sociaux une dimension concrète et opérationnelle pour pouvoir être évalués identiquement par différents observateurs.
Les bouleversements qui ont eu lieu au XIXème siècle vont pousser les scientifiques d’alors (philosophes, physiologistes et les médecins), à profiter des progrès des autres sciences comme la biologie et la physique qui essayaient de décrire la réalité humaine sous la base d’observation et d’expérimentation elle aussi. De ces efforts, débouchera un nouveau secteur de la science, celui des sciences humaines.
Par la suite, les sciences humaines allaient se diversifier. Elles ont le même objet d’étude certes, mais chacune des disciplines des sciences humaines s’intéresse à un aspect diffèrent suivant son centre d’intérêt.


II- Développement
A- DÉFINITION DES SCIENCES HUMAINES ET DE L’ANTHROPOLOGIE
• Définition des sciences humaines.
Les sciences humaines étudient les gens dans leurs rapports réciproques et dans leurs rapports avec le monde qui les entoure. Il s'agit d'un domaine interdisciplinaire qui fait appel à l'histoire, à la géographie, aux sciences économiques, au droit, aux sciences politiques et à d'autres disciplines. Les sciences humaines examinent essentiellement les rapports dynamiques des êtres humains avec leurs milieux social, physique, spirituel, culturel, économique, politique et technologique […] .

• Définition de l’Anthropologie.
Anthropologie, étude des caractéristiques anatomiques, biologiques, culturelles et sociales des êtres humains. Cette science est divisée en deux branches principales : l’anthropologie physique, qui étudie l’évolution biologique et l’évolution physiologique de l’homme (Homo sapiens), et l’anthropologie sociale et culturelle, qui étudie la vie des sociétés humaines, présentes et passées, les évolutions de leurs langues, des croyances et des pratiques sociales. L’objet général de l’anthropologie est de faire de l’homme et de toutes les dimensions de la vie humaine l’objet d’un savoir positif.


B- Les conditions de naissance des sciences humaines.
Concernant la destinée humaine et la nature des sociétés, les réflexions sont peut-être aussi anciennes que l’humanité elle-même. Au début les religions et les mythes ont essayé d’apporter des éléments de réponses aux grandes énigmes sur la nature humaines, mais les Chinois, les Égyptiens, les Grecs vont essayer de démystifier ces éléments de réponses pour apporter des réponses rationnelles à ces phénomènes. Ensuite, nous retrouvons les philosophes qui vont beaucoup discourir sur l’esprit humain, les racines de la société et la marche de l’histoire. Subitement, cet intérêt pour la connaissance scientifique va décroître au cours des premiers siècles de notre ère. Au moyen-âge, l’Église contrôlera la connaissance à partir de leur dogme  basé sur  l’idée d’un Dieu créateur responsable de tout ce qui existe sur la terre et dans l’univers.  Mais il a fallu attendre jusqu’au XVIIIème siècle pour voir naitre le projet de créer une « science de l’homme ». Il va y avoir un développement au niveau des sciences, les discours philosophiques seront remplacés par des observations, précises, systématiques et expérimentables.  L’apparition du colonialisme va modifier les rapports entre les hommes dits « primitif » et les hommes dits « évolués ». Les révolutions américaines et françaises vont éveiller l’idée de nation, le problème de la démocratie et de l’éducation citoyenne. La théorie de l’évolution de Charles Darwin en 1859 va tout changer de la conception qu’on se faisait de l’homme, cette théorie rejette l’idée que l’homme est l’image du créateur mais plutôt une évolution de l’animal à l’homme . Tous ces problèmes vont pousser les philosophes, les biologistes, et les médecins à se servir des progrès effectuer par des sciences telles que la physique, et la biologique pour dépeindre la réalité humaine  sous la base d’observation et d’expérimentation elle  aussi. De ces efforts, débouchera un nouveau secteur de la science, c’est celui des sciences humaines. Les sciences dites « exactes » vont se défaire de la philosophie, mais l’étude de la réalité sociale et humaine restera souder à la philosophie. Contrairement aux sciences dites exactes, il était difficile pour les sciences humaines et sociales de se détacher de la philosophie. Pour trouver son identité, il était impératif pour cette nouvelle approche de se forger des méthodes qui s’appuient sur une démarche scientifique méticuleuse, parce qu’elle partage le même objet d’étude que la philosophie à savoir l’être humain et la société dans laquelle elle évolue. (GODEFROID, Jo. 2008, page 8).
L’une des difficultés auxquelles font face les chercheurs en sciences humaines, c’est que leur objet d’étude  est un être qui parle, qui agit, qui réfléchit, qui est imprévisible enfin, c’est un être complexe. Autre chose encore, le plus souvent, ils font partie intégrante du phénomène observé et ont en quelque sorte une influence sur ce phénomène ou sur le comportement des acteurs à cause de leur présence. « Par exemple, autant il est facile pour un physicien ou un chimiste de prédire le résultat d’un mélange, d’une fusion  d’un métal quelconque à telle ou telle température, autant il semble a priori impossible de mesurer les sentiments d’une personne pour une autre, ou les risques de suicide dans une population en difficulté économique. Alors, le problème majeur pour le chercheur sera de trouver des méthodes pour aborder les phénomènes de manière objective ». (GODEFROID, Jo. 2008, page 8).
Même s’il est apparemment possible d’adapter aux faits humains les méthodes mises aux points  par les autres sciences, le plus difficile reste encore à venir parce qu’il faudra donner à ces faits une dimension assez concrète et opérationnelle, pour qu’ils puissent être évalués de manière identique par différents observateurs. Ainsi :
Le suicide, en tant que fait social, sera traité par les premiers sociologues comme une « chose », mesurable statistiquement; les sensations ou les sentiments deviendront des « éléments » ou des « atomes » de l’esprit, pour les premiers psychologues; le comportement des consommateurs sera évalué à partir d’ « unité monétaires», etc.  
Ainsi, les sciences humaines se sont détachées de la philosophie grâce aux efforts des différents scientifiques qui se sont adonnés à la mise en place de nouvelles disciplines, de nouvelles méthodes pouvant évaluer les faits humains.  



C- Diversification  des sciences humaines.
 Les sciences humaines allaient se diversifiées : «  Dès le début, un problème sérieux se pose. Il concerne la façon dont doit être envisagée l’étude de cette réalité qui s’appuie sur les deux dimensions de l’être humain. Celui-ci est en effet à la fois un « je » distinct des autres, une sorte de centre qui ressent, pense et agit, qui a une histoire unique, et un « être social » dont la plupart des comportements ne peuvent se concevoir en dehors d’un environnement social organisé, constitué par la famille, le groupe, la communauté, ou encore la nation » . Depuis longtemps et jusqu’à aujourd’hui, cette dualité de l’être humain se trouve au centre des débats qui dès le XIXème siècle ont abouti à une séparation entre la psychologie (science des activités mentales et du comportement) et les sciences sociales telles que l’anthropologie, la sociologie et les sciences économiques, politiques, religieuses qui s’intéressent de l’aspect socio-culturel des phénomènes humains.  Les écrivains du siècle des lumières tels que Vico, Hume, Condorcet et Kant s’adonnaient à construire une nouvelle science. Ils ont simultanément trouvé d’autres penseurs en France qui se sont regroupé autour d’un projet appelé « société des observateurs de l’homme »  pour  donner corps à leurs projets. Cette société regroupait des naturalistes, des historiens, des philosophes et des médecins. Dès sa formation elle envoie une expédition dans le sud du globe pour examiner la vie des peuples primitifs. Elle avait pour mission d’étudier l’homme sur tous ses aspects, physiques, intellectuels et moraux. Si l’on compare ce projet à ce qu’est l’anthropologie aujourd’hui, à savoir : (réaliser des observations, recueillir des faits sur l’homme ‘’sauvage’’ afin de comprendre comment l’être humain se construit peu à peu par l’éducation et la culture), on peut affirmer qu’il était réellement anthropologique. Même si les sciences humaines ont en commun leur objet d’étude  principal, mais elles se diversifient par les différents aspects qui leurs intéressent selon leur centre d’intérêt.  


III- Conclusion
La religion et les mythes constituaient les principaux repères quand il s’agit de donner des réponses aux phénomènes sociaux, aux faits humains avant l’émancipation des sciences humaines et sociales. Pour les sciences humaines, il était particulièrement difficile de se détacher de la philosophie considérée comme leur mère. Étant donner qu’elles partagent le même objet d’étude avec la philosophie, elles se trouvaient dans l’obligation de se forger de nouvelles méthodes rigoureuses afin d’acquérir son autonomie vis-à-vis de la philosophie. Grâce aux efforts des penseurs du XIXème siècle et de leurs ancêtres, va apparaitre un autre secteur de la science, celui des sciences humaines. Alors, les faits humains vont  commencer à être aborder et expliquer de manière rationnelle, de manière scientifique.










IV
BIBLIOGRAPHIE
1- Jo Godefroid, Psychologie, science humaine et science cognitive, Belgique, De Boeck université, 2 éd., septembre 2008.

WEBOGRAPHIE
1- http:// www.wikipedia.fr
2- http:// www.microsoftencarta.fr
3- http:// www.edu.gov.mb.ca
4- http://  www. ifsi.paca.free.fr/

mercredi 4 avril 2012

rapport préliminaire de la commission d'Etat d'organisation de la composante militaire de la force publique


PLAN DU RAPPORT PRELIMINAIRE :

1 - Lettre explicative de couverture au Président de la République
2 - Contexte et état des lieux
3 - Historique de la question

4 - Échéancier : 
Court Terme (janvier - novembre 2012)
PHASE I Préalables
PHASE II Mise en œuvre
PHASE III Entrée en service officielle

Moyen Terme (décembre 2012 - décembre 2014)
Poursuite du processus d'implémentation de la Force

Long Terme ( janvier 2014 et +)
Opérationnalisation de la Force avec son effectif complet



1 - LETTRE EXPLICATIVE DE COUVERTURE AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE :
« Monsieur Michel Joseph Martelly
Président de la République
Palais National

Monsieur le Président,

La Commission d'Etat d'Organisation de la composante militaire de la Force Publique créée par Arrêté en date du 21 novembre 2011 vous présente ses respects et a l'honneur de soumettre à votre attention, conformément aux termes de son mandat principal, le rapport d'étapes annexé à la présente correspondance.

Dans ce travail préliminaire de synthèse qui annonce, par anticipation, les grandes lignes du Rapport final, l'accent est mis sur certains préalables indispensables à la réalisation des phases concrètes de l'organisation de la Force Militaire dont l'entrée en service officielle pourra coïncider avec la commémoration de la bataille de Vertières et du jour des Forces Armées, le 18 novembre 2012.

Ces préalables comprennent entre autres :

  • l'interdiction sur tout le territoire des recrutements et entrainements illégaux de type militaire,
  • la solution du problème d'indemnisation et de pension de l'ancien personnel des Forces Armées d'Haïti,
  • la définition avec la Minustah d'une stratégie conjointe de retrait progressif de ses troupes
  • le dépôt au Parlement du projet de loi organique du Ministère de la Défense
  • la réflexion sur la mise en application du service civique mixte obligatoire.
    une campagne de communication et sensibilisation.

De telles mesures serviront à mieux informer les instances tant nationales qu'internationales sur le cheminement suivi par la Commission aux fins d'atteindre ses objectifs.


Monsieur le Président,

Pour produire ce rapport préliminaire, la Commission a été amenée à:

  • élaborer un formulaire de consultation à l'intention des secteurs vitaux de la Nation via les délégations, vice-délégations et les Mairies et se fixer un délai raisonnable pour recevoir les avis desdits secteurs.
  • recenser l'effectif de l'ancien personnel des Forces Armées d'Haïti en attendant qu'il satisfasse aux critères d'évaluation et de rengagement tels que l'âge, l'état de service et de santé, le casier judiciaire.
  • proposer une solution définitive au problème d'indemnisation de l'ancien personnel des FADH par l'émission en faveur des intéressés de chèque mensuel d'indemnité jusqu'à extinction complète de la balance restante.
  • procéder à l'inventaire des bases urbaines de la Minustah devant être prises en charge par la PNH et celles en dehors des villes par la nouvelle force militaire haïtienne
  • prendre en compte les points et zones stratégiques du pays tels que : Barrages hydro-électriques, Centrales thermiques, Chutes d'eau, Salagnac, Fressac, Chien Content, Boutiliers, Centrale de communication, Centrale de distribution d'eau, Palais National, terminaux pétroliers et Centres de stockage des produits pétroliers, Ports et Aéroports, nappes phréatiques, zones protégées,
  • retenir les sites pour l'implantation respective des Quartiers Généraux des régions militaires de l'Ouest-Sud-Est, de l'Artibonite-Centre, du Grand Nord et du Sud-Grand-Anse-Nippes.
  • identifier comme sources de financement de la composante militaire de la Force Publique : les revenus sur les investissements du fonds de pension des FADH, une ponction raisonnable sur le budget du Fond d'Entretien Routier (FER) pour le Corps du génie et la mise en œuvre de la recommandation de principe de la Banque Mondiale qui prévoit l'affectation de 1 à 2% du Produit National Brut à l'organisation de toute Force Militaire.
  • proposer un plan quinquennal de développement et de financement de la nouvelle Force
  • établir une liste de champs : doctrine et justice militaire sur lesquels des projets de lois et de normes seront
  • proposer pour étoffer le cadre légal des Forces Armées d'Haïti, nouvelle version.
  • retenir le Service de santé, le Service Juridique, le Corps du génie, le Service d'agronomie, le service d'agents frontaliers et forestiers comme unités prioritaires à rendre opérationnelles pour assurer la relève au fil du désengagement progressif de la Minustah.

Monsieur le Président,

La Commission voudrait particulièrement solliciter votre attention sur le caractère flexible des phases séquentielles d'implémentation du projet dont l'opportunité et la faisabilité ont déjà fait l'objet d'un très large consensus national comme en témoignent les 64% d'opinions favorables obtenus lors du sondage réalisé au premier semestre de l'année 2004. A cet effet, la Commission recommande à court terme de mettre à profit l'élan de sympathie de la population et le support de nos partenaires pendant qu'elle poursuit les consultations avec les secteurs vitaux de la Nation, l'inventaire des moyens matériels disponibles, l'élaboration de normes et l'identification de toutes autres sources de financement nécessaires au fonctionnement de la nouvelle force.

Tout en vous remerciant de la confiance dont vous avez bien voulu l'honorer, la Commission vous prie, Monsieur le Président, de bien vouloir agréer l'expression de ses salutations les plus déférentes. »

Yvan Richard Maurrasse, Secretaire d'état à la défense, President
Reginald Delva, Secretaire d'etat à la Securite publique, Vice-President
Jean Bergenarc Barrethe, Secrétaire Rapporteur
Gérard Gourgue, Membre
Georges Michel, Membre
Jean Thomas Cyprien, Membre
Guy Noël, Membre



2 - CONTEXTE ET ÉTAT DES LIEUX :
« Depuis Février 2004 et pour la troisième fois dans son histoire, la République d’Haïti voit son sol souillé, sa souveraineté violée et les droits élémentaires de ses ressortissants foulés aux pieds. L’impact de cet événement sur le comportement des citoyens est désastreux. Le sentiment d’une forme de tutelle imposée est unanimement partagé au point que les clivages idéologiques, les sensibilités politiques, les désaccords et les divergences s’estompent au regard de l’urgence qu’il y a de mettre fin à cette anomalie grave. Les tensions sociopolitiques enregistrées tout au long de l’année 2003 étaient déjà les prémices d’une crise irréversible.

En effet, sur fond de polarisation extrême et de violence larvée, des secteurs politiques et sociaux antagoniques se sont affrontés sans que l’un ou l’autre eut pu tenir un discours articulé et cohérent, annonciateur d’une alternative crédible. D’un conflit haïtiano-haïtien, il a fallu peu de temps pour qu’il se transformât en crise internationale aux dimensions, à vrai dire, exagérées dont s’est saisi le Conseil de Sécurité en invoquant les dispositions du chapitre VII de la Charte des Nations Unies applicable aux Etats Membres dont la situation interne constitue une menace pour la paix, une rupture de la paix ou un acte d'agression à l’échelle régionale ou mondiale.

Ainsi, en votant la résolution 1542 du 30 avril 2004 et en déclarant agir en vertu du chapitre sept de sa charte constitutive, le Conseil de Sécurité confère-t-il à l'Etat d’Haïti le titre peu envieux de pays dont la situation interne menace la paix, la sécurité et la stabilité dans la région. Depuis lors, et ce, jusqu'à la résolution du 15 octobre 2011 reconduisant le mandat de la MINUSTAH pour une nouvelle période de 12 mois, le Conseil de Sécurité, quoi qu’il ait admis que des progrès ont été accomplis sur le terrain, ne manque jamais d’invoquer le chapitre VII qui d'ailleurs ne cadre nullement avec la situation d'Haïti.

Quelle est aujourd’hui la validité et la pertinence de cette assertion faisant de l'Etat d'Haïti une menace pour la paix et la stabilité dans la région? Après plus de sept ans, le moment n’est-il pas venu de dresser sans complaisance aucune, le bilan du travail réalisé par la MINUSTAH qui a pris le relais de la Force Multinationale Intérimaire (France, Etats-Unis, Canada et Chili) avec une feuille de route précise et claire?

Il est indéniable qu'avec la disparition de certaines zones de non droit et de certains gangs armés qui défiaient les forces de l'ordre, la MINUSTAH a fini par engranger quelques succès, mais bien en deçà de sa taille et son armement sophistiqué. L’organisation des élections, très hypothétique au début, a pu devenir une réalité même s'il faut constater un décalage dans la périodicité clairement indiquée dans la constitution. En effet, des élus ont pu succéder à des élus sans que cela puisse soulever de problèmes majeurs, cependant ces quelques succès de la MINUSTAH déployée en Haïti dans le but d’y établir un climat sûr et stable comme préalable de tout progrès économique et social demeurent insuffisants pour affirmer que l’objectif a été atteint.

Des zones d’ombre subsistent encore compte tenu de nombreux facteurs internes et externes. De plus, cette opération de déploiement s’est déroulée par nécessité en contradiction avec les prescrits de la Constitution qui dispose en ses articles 263 et 263-1 : "La force publique se compose de deux corps distincts, à savoir la police nationale et les forces armées d’Haïti et qu'aucun autre corps ne peut exister sur le territoire national". D'autres dérives, dénoncées et documentées ont contribué a ternir l'image de la MINUSTAH et pervertir l'idéal des Nations Unies

Ainsi, la MINUSTAH, quelqu’ait pu être la raison de sa présence sur le sol national et l’utilité de son action devra se désengager progressivement selon un calendrier précis aussi bien par principe que par stratégie. Alors, il appartient aux Haïtiens de combler le vide qui en résultera, ceci relevant du sens commun et découlant de la simple logique. Du coup se trouve posée la question de la prise en charge de la sécurité nationale par les instances haïtiennes.

La nécessité de combler le vide à venir porte les haïtiens à mieux se comprendre. A ce titre, il est tout à fait encourageant de constater que, par rapport à l’Armée, le consensus le plus large est réalisé, la masse critique est atteinte au point que les discussions, même houleuses, portent davantage sur la forme que sur le fond c'est-à-dire de quel type d’armée le pays a besoin. Les consultations engagées auprès des secteurs vitaux du pays représentés par la société civile plurielle participe de la volonté des dirigeants actuels d’associer et d’impliquer la nation dans une campagne longue peut-être mais combien exaltante de reconquête de notre dignité nationale.

La quasi-totalité des haïtiens réalisent qu’une maison ne peut être bien gardée, protégée et défendue que par ceux qui l’ont reçue en héritage

3 - HISTORIQUE DE LA QUESTION :
A partir du 1er février 1916 date à laquelle une nouvelle force créée par l'Occupant remplaça l'armée nationale, les fonctions de police et d'armée furent assurées par une force unique qui prit tour à tour les noms de Gendarmerie (1916-1928), Garde d'Haïti (1928-1947), Armée d'Haïti (1947-1958) et Forces Armées d'Haïti (1958-1995).

Les Constitutions de 1946 et de 1987 tentèrent d'y remédier en créant 2 entités distinctes, l'Armée et la Police, mais ces dispositions restèrent lettre morte et ce jusqu'au démantèlement en 1995 de la force armée créée en 1915 et à son remplacement par la PNH à qui on demandait de faire le même travail d’armée et de police.

Dès la création de la PNH, des observateurs lucides avaient signalé que la démobilisation des FADH et la dévolution de toutes leurs attributions à la PNH était une décision irréfléchie lourde de conséquences.

L'effondrement sécuritaire et sociopolitique provoqué par les événements de 2003-2004 et l'intervention militaire qui s'ensuivit ont prouvé qu'aucune police ne peut remplir les missions dévolues aux forces armées.

Depuis lors, la question du retour de l’Armée se posa déjà comme une évidence, en témoignent les 64% d'opinion favorable à la remobilisation des FADH obtenus dans un sondage réalisé au 1er semestre de 2004.
Dans la foulée, d'abondantes réflexions sur la question ont été produites par deux Commissions respectivement en 2004-2006 et 2007-2009.

Si les Rapports de ces Commissions n'ont pas débouché sur la remobilisation de l'Armée ils ont eu, en revanche, le mérite d'avoir entretenu sur la question un débat qui est loin d'être clos et d'avoir fait considérablement avancer le dossier du point de vue de la réflexion sur le sujet.

Entre 2010 et 2011, la question de l'armée a été l'un des thèmes de campagne de bon nombre de candidats dont l'actuel Président Michel Joseph Martelly qui s'est d'ailleurs prononcé publiquement en faveur de l'existence d'une armée conformément aux prescrits constitutionnels.

Aujourd'hui, l'opportunité et la faisabilité de la remobilisation de l'Armée font l'objet d'un large consensus et les préoccupations portent davantage sur la forme que sur le fond. C’est donc dans cet esprit qu'a été créée par Arrêté en date du 21 novembre 2011 la Commission d’Etat pour l’organisation de la composante militaire de la force publique avec la mission principale de soumettre au Président de la République un échéancier d'organisation de ladite force le 1er janvier 2012.


4 - ECHEANCIER D'ORGANISATION DE LA COMPOSANTE MILITAIRE DE LA FORCE PUBLIQUE :

Cet échéancier tient compte du calendrier de désengagement de la MINUSTAH et porte sur la formation d'un effectif de 3,500 hommes sur une période de trois ans et demi selon le chronogramme suivant :

PHASE I - LES PRÉALABLES (Janvier - novembre 2012)


1. Communiqué d'interdiction des recrutements et entrainements illégaux de type militaire
2. Démarrage de la campagne de communication et de marketing du projet
3. Annonce de la solution du dossier d'indemnisation des membres de l'ancien personnel des FADH
4. Soumission au Parlement du plan quinquennal de financement de 5 ans de la Nouvelle Force
5. Soumission d'une loi organique du Ministere de la défense
6. Opérations d'évaluation de l'effectif de l'ancien personnel des Forces Armées d'Haïti
7. Reconstitution des carrières du personnel militaire et publication de la liste des mises à la retraite.
8. Définition d'une stratégie de sortie de la MINUSTAH
9. Publication du Rapport final de la Commission d'état


PHASE II - LA MISE EN ŒUVRE

10. Nomination d'un Etat-major de transition

Chef d'État-major : Général de brigade
G1 (Personnel) : Colonel
G2 (Renseignement) : Colonel
G3 (Entraînement) : Colonel
G4 (Logistique) : Colonel
G5 (Communication) : Colonel
Secrétaire de l'État-major : Colonel

11. Mise en place d'une structure de coordination avec la Minustah et avec la PNH
12. Recrutement du personnel administratif et technique de soutien à l'Etat-major de transition
13. Prise en charge et fermeture du bureau des militaires démobilisés
14. Délimitation des sites des Quartiers Généraux des 4 régions militaires et des postes d'observation
15. Aménagement et préparation des bases d'entrainement
16. Recyclage du personnel militaire évalué et retenu
17. Création d'un Comité d'application du Service Civique Mixte obligatoire
18. Prise en charge des bases désoccupées par la MINUSTAH
19. Poursuite de la campagne de communication


PHASE III - ENTRÉE EN SERVICE OFFICIELLE


20. Processus d'opérationnalisation des unités et corps prioritaires de la nouvelle Force
21. Ouverture du registre d'inscription pour les 500 premières recrues
22. Commémoration de la bataille de Vertières et entrée en service officielle de la nouvelle Force

Moyen terme : (novembre 2012 -novembre 2014)

23. Identification des pistes d'atterrissage
24. Activation des autres Régions Militaires
25. Réactivation des services techniques
26. Réouverture de l'Académie Militaire
27. Poursuite des opérations de recyclage et de recrutement
28. Poursuite des opérations de prise en charge des bases désoccupées par la MINUSTAH

Long terme : (novembre 2014 à + )

29. Opérationnalisation de la Nouvelle Force avec son effectif total de 3,500 hommes
30. Départ définitif de la MINUSTAH
31. Evaluation et renforcement de la structure de coordination avec la PNH
32. Occupation des zones stratégiques et Contrôle effectif du territoire
33. Spécialisation et formation continue
34. Evaluation périodique


vendredi 23 mars 2012

SÉNAT DE LA RÉPUBLIQUE RAPPORT PRÉLIMINAIRE DE LA COMMISSION SPÉCIALE D’ENQUETE SUR LA NATIONALITÉ


Sommaire :
I.- Objet
II.- Justification
III.- Composition
IV.- Cadre juridique
V.- Méthodologie
VI.-Analyse et commentaires
VII.- Conclusions et Recommandation
VII.- Annexes
I.- Objet
La Commission sénatoriale d’enquête sur la nationalité a pour mission de recueillir des informations sur la nationalité des membres du gouvernement et du Président de la République en rapport a des dénonciations de certains parlementaires et d’adresser un rapport a l’assemblée.
II.- Justification
L’assemblée a décidé de la formation de cette commission pour deux raisons :
-     La Commission spéciale sur l’étude des pièces du Premier Ministre désigné dirigée par le Sénateur William Jeanty avait demandé la mise sur pied d’une commission d’enquête sur la nationalité du Premier Ministre, vu certaines zones d’ombre dans le dossier, au moment de la présentation du rapport à   l’Assemblée.

-     Le  Sénateur Moise Jean Charles  a dénoncé la double nationalité de plusieurs membres du gouvernement, du Président de la République  et a demande la vérification des documents de voyage de tous les membres du  Gouvernement et du Président de la République.

Le Senat de la République dans sa mission de contrôle a besoin de recueillir le maximum d’informations sur cette préoccupante situation en vue de fixer les responsabilités et de faire les recommandations nécessaires. Telles sont les raisons qui ont motivé  le Senat de la République dans la création de cette commission d’enquête.
III.- Composition
La Commission est composée des sénateurs :
Joseph                          LAMBERT : Président
Youri                            CLERIE      : Rapporteur
Steeven                         BENOIT     :    Membre
 Polycarpe
 Moise                         JEAN-CHARLES 
Yvon                           BISSERETH
Nenel                           CASSY
Jean Baptiste               BIEN AIME
John Joël                    JOSEPH
 DU BUREAU DE LA COMMISSION
Tout  au début,  les travaux de la Commission Spéciale d’Enquête étaient présidés par le Sénateur Joseph Lambert et le Sénateur Youri Latortue respectivement Président et rapporteur. Au cours du déroulement des travaux de la Commission, un membre de la Commission, le Sénateur Moise JEAN-CHARLES,  qui  s’était plaint de n’avoir pas été informé des rencontres, avait émis des réserves sur le fonctionnement de la dite Commission. Face á ces complaintes, la Commission réorganisa le bureau de la commission et le renforça avec un Co Président et un Co Rapporteur en l’occurrence les Sénateurs Moise Jean Charles et Nenel Cassy respectivement. C’est en ce sens que ce bureau a été constitué avec le Sénateur Joseph Lambert et Moise Jean Charles comme Co Président et les Sénateurs Youri Latortue et Nenel Cassy, Co Rapporteurs
 DE LA PARTICIPATION AUX TRAVAUX DE LA COMMISSION
Certains Sénateurs de la Commission n’ont pas participé au début aux travaux de la commission. D’autres sénateurs membres de la commission ont fait montre de grande discipline dans la participation des travaux de la commission. Plusieurs sénateurs non membres de la commission ont manifeste un grand intérêt aux activités de la commission en participant aux séances d’auditions de la Commission, sans voix délibérative,  conformément aux Règlements Intérieurs du Sénat de la République. Il s’agit des Honorables Sénateurs, entre autres,  Jean Willy JEAN-BAPTISTE, Mélius HYPPOLITE et autres. Ceci a davantage renforcé la crédibilité du travail de la commission. Qu’ils en soient vivement remercies !
IV.- Cadre juridique
Le pouvoir d’enquêter est conféré au sénat de la République par l’article 118 de la constitution qui stipule : « Chaque Chambre a le droit d'enquêter sur les questions dont elle est saisie.……………………………………… » ;
Les règlements intérieurs du Senat précisent les contours de ce droit en ses articles…………………………………….

La commission se réfère aussi aux précédents, aux pratiques parlementaires dans le cadre du déroulement des activités d’une commission d’enquête parlementaire. Toutefois la commission signale à l’attention de l’assemblée la nécessite d’une loi régissant strictement l’organisation et le fonctionnement des commissions d’enquête parlementaire.
Il est de principe que conformément au principe de la séparation des pouvoirs et pour respecter l’indépendance du pouvoir judiciaire «  il ne peut-être créé de commission d’enquête parlementaire sur des faits ayant donne lieu a des poursuites judiciaires et aussi longtemps que ces poursuites sont en cours ». Que « toute commission d’enquête parlementaire doit prendre fin dès l’ouverture d’une information judiciaire relative aux faits sur lesquels elle est chargée d’enquêter ».
La commission informe l’assemblée qu’elle n’a jamais été informée par le ministre de la justice de l’existence de poursuites judicaires ou de l’ouverture d’une information judicaire sur les faits que la commission a été appelée à enquêter. Que donc la commission a réalisé et conclu ses travaux dans le cadre de la loi et des principes régissant la matière.
V.- METHODOLOGIE
Compte tenu du caractère sensible des questions sur lesquelles la commission était appelée a enquêter, il a été décidé que les séances d’audition de la commission ne seraient pas publiques. Outre les membres de la Commission et les Sénateurs non membres, désireux d’assister aux travaux sans voix délibérative, seuls les invités et les Cadres du Sénat, assignés á cette fin, ont été autorisés á rester assister aux auditions.

La commission, dans le cadre de son pouvoir d’investigation, a auditionné sous serment, des personnalités concernées : Membres du Gouvernement, Sénateurs Responsables de l’Immigration et autres.
La commission a aussi fait usage de son pouvoir d’enquêter sur place et sur pièce. Les documents obtenus par la commission dans le cadre de son travail ont été soigneusement analysées par rapport à l’objet de l’enquête.
Des le début de ses travaux la Commission a mis sur pied trois sous commissions. Ce sont les sous commissions de l’Immigration, des Affaires Etrangères et des Archives. Elles sont dirigées respectivement par les Sénateurs Steeven Benoit, Evaliere Beauplan et Yvon Bissereth. Ces commissions doivent compiler les dossiers de tous les membres du gouvernement, vérifier les documents et adresser un rapport final a la Commission. Elles auront pour rôle :
  1. Élaboration d'un formulaire  devant être distribués  aux membres du gouvernement afin de recueillir les documents de voyage.
Recherche d'informations auprès des autorités étatiques susceptibles d’apporter des éléments de preuve de la citoyenneté des intéressés, en particulier le Ministère de l’Intérieur et la Direction de l'immigration, soit par des visites dans ces institutions ou par des invitations de leurs titulaires à venir déposer devant la Commission.
Invitation à toutes autres institutions privées ou publiques à venir déposer devant la Commission pour recueillir des informations pouvant conduire à la manifestation de la vérité.
Audition de tous Sénateurs, Ministres ou Secrétaires d'Etat que la Commission jugera opportun d’entendre pou obtenir le cas échéant des informations complémentaires ou des éclaircissements.
Analyses et commentaires
Le Sénat de la République a commissionné certains de ses membres en vue de s’informer de la nationalité des membres du gouvernement Martelly / Conille, après que le Sénateur Moïse Jean-Charles eut accusé le Président de la République, son Excellence Monsieur Michel Joseph Martelly, de détenir deux (2) autres passeports, en plus de son passeport haïtien. Il s’agirait d’un passeport américain et d’un passeport italien.  
La Commission a été créée en novembre 2011, après l’arrestation anticonstitutionnelle et illégale du Député Arnel Bélizaire, de la circonscription Delmas-Tabarre, à sa descente d’avion à l’aéroport international de Port-au-Prince, sur instructions de l’Exécutif. Dormante durant les fêtes de fin d’année, la commission reprit ses travaux le 11 janvier 2012 et se constitua le même jour en trois sous-commissions.
Les tentatives courtoises d’obtenir du Chef de l’Etat les données relatives à ces accusations du Sénateur Jean-Charles se sont toutes heurtées à des refus catégoriques de sa part. En fait, celui-ci s’est retranché derrière sa conception des prérogatives de la Présidence d’Haïti, pour déclarer que nul ne pourrait consulter les documents de voyage ou de citoyenneté le concernant, avant la fin de son mandat présidentiel, soit dans quatre années et quelques mois.
Au cours d’un incident survenu en la résidence du Premier Ministre Garry Conille, entre le Président Martelly et le Sénateur Bien-Aimé, le Président Martelly réagit violemment à la suggestion du Sénateur qu’il achemine ses pièces au Sénat pour édifier la nation. Il traita l’Honorable Bien-Aimé de tous les noms en présence de plusieurs autres membres du Parlement et du Président du Sénat, l’honorable Sénateur Simon Dieuseul Desras. Quelques temps après, au cours d’un passage en direct sur la TNH au carnaval national de Jacmel, le Président Martelly et le Sénateur Bien-Aimé eurent quelques échanges pour le moins acides sur le même sujet, après que le Sénateur eut confirmé qu’il maintenait sa suggestion.  
C’est donc en réaction à tous ces faits, et pour essayer de comprendre pourquoi la question de l’éventualité de la détention, par le Président Michel Joseph Martelly, de passeports étrangers émis en son nom, mettait celui-ci dans de tels accès de colère, que le Sénat de la République s’est senti obligé de poursuivre avec plus de vigueur, à travers la commission d’enquête, ses efforts à l’effet d’éclaircir la question de la citoyenneté du Président Martelly, du Premier Ministre Conille, et de tous les Ministres et secrétaires d’Etat.  
Mais cette décision découle, avant toute chose, des prescrits de la constitution haïtienne de 1987, tel qu’exprimés dans ses articles 14 et 15, 18, 56, 93, au point 2 de l’article 97, au point 1 de l’article 98-3, 135, 135-1, 136, 150, 185, 186, 187, ces articles 188, 188-1 à 190, 206 et tout autre article pertinent qui n’aurait pas été mentionné ici.
Il est important que chaque citoyen haïtien comprenne qu’il y va de la sauvegarde de ce qui reste de souveraineté à la nation haïtienne. Que chaque citoyen comprenne également que le Sénat de la République n’a d’autre objectif que de faire respecter la constitution de la République d’Haïti, en ce qui a trait à l’interdiction qu’elle fait à tout individu, qui aurait opté pour une nationalité autre que la nationalité haïtienne, de devenir Président de cette République.
Il s’agit enfin de maintenir l’Etat haïtien sur les rails de la démocratie. L’accession à un poste électif met chaque élu au service du peuple, de la nation, sans lui accorder d’autres pouvoirs que ceux que confère la constitution sous l’égide de laquelle il a accepté d’officier au poste en question. Ceci doit être clairement compris par chacun d’entre nous, sans exception aucune.      
Suite à la première réunion de la Commission sénatoriale chargée d’enquêter sur la nationalité des membres du gouvernement Martelly/Conille, et celle du Président de la République, son Excellence Monsieur Michel Joseph Martelly et du Premier Ministre, Dr. Garry Conille, au salon diplomatique du Sénat de la république, le mercredi 11 janvier 2012, trois sous-commissions sénatoriales ont été créées : la sous-commission Immigration – la sous-commission Affaires étrangères – la sous-commission Archives.
Le Sénateur Steven I. Benoit a été désigné pour présider la sous-commission immigration dont le second membre est le sénateur Moïse Jean-Charles. Le jour même, cette sous-commission s’est mise au travail et une lettre a été adressée au Directeur du Service de l’Immigration et de l’émigration, le Général Roland Chavannes. Cette démarche donna lieu à un rendez-vous fixé au lundi  16 janvier à 9 :00 A.M. avec les responsables dudit service.
1ère étape -  Visite au Bureau de l’Immigration et de l’émigration.
Le lundi 16 janvier, à 9:00 exactement, le Sénateur Benoit se présenta au bureau du Directeur Chavannes. Après les salutations d’usage, la sous-commission, encadrée des techniciens chevronnés de la Direction de l’Immigration, s’est attelée à passer en revue tous les dossiers de voyage ‘’disponibles’’ appartenant aux 39 personnalités sous enquête. Ce travail s’est effectué durant les journées du 16, 17 et 18 janvier en cours. Les résultats préliminaires figurent sur le tableau I en annexe. Ce premier contact avec la Direction de l’Immigration et de l’émigration a permis de découvrir que ce n’est qu’à partir de 1999 que les données relatives aux voyageurs entrant et sortant d’Haïti, ainsi qu’à leurs documents de voyage, ont commencé à être saisies sur un système informatisé.
Il est important de signaler ici que le simple fait de vérifier les différents passeports et autres documents de voyage haïtiens datant seulement de 1999 ne saurait suffire à établir, sans l’ombre d’un doute, si le citoyen en question est détenteur d’une ou de plusieurs autres nationalités. Il a fallu consulter d’autres sources, notamment les cartes d’embarquement.
2ème étape - Analyse des cartes d’embarquement.
 Là encore, la commission a buté sur un autre obstacle de taille. Seules les données se rapportant à un nombre d’années limitées (2003-2006) et (2010 à nos jours) ont été informatisées. D’où des failles très importantes et parfois même inquiétantes. La sous-commission s’est quand même attelée à vérifier ce qui était disponible et a pu découvrir qu’au moins trois (3) personnalités visées par l’enquête sont détentrices de passeports étrangers. Il s’agit de :
Madame Elsa Baussan Noël, Secrétaire d’Etat au Patrimoine au Ministère de la Culture et de la communication, détentrice des passeports espagnols X381121 et XD098918 au nom d’Elsa Christiane Baeza Baussan.      
Monsieur Georges Racine, Secrétaire d’Etat à l’Intérieur au Ministère de l’Intérieur, de la Défense nationale et des collectivités territoriales, détenteur du passeport américain 710850408.
Monsieur Jean-Claude François, Secrétaire d’Etat à l’enseignement supérieur, détenteur des passeports canadiens QA152494 et JU586609.
Les dates de voyage au cours desquelles ses passeports ont été utilisés par leur détenteur respectif apparaissent sur un autre tableau (tableau II) en annexe.
La sous-commission a par ailleurs appris que les cartes d’embarquement existent bel et bien à la Direction technique, mais sont cependant classées par date. Une question s’impose : comment savoir qui a voyagé, à quelle date, à quelle heure et en direction de quel pays?
3ème étape – Vérification des passeports
Les dates d’entrée et de sortie apposées sur les passeports des voyageurs par les services de l’Immigration et de l’émigration se révèlent être une source privilégiée d’informations. D’où la demande faite au président du Sénat de réquisitionner les passeports de tous les officiels du gouvernement Martelly/Conille visés dans le cadre de cette enquête. Ces derniers auraient à soumettre aux membres de la Commission sénatoriale tous leurs passeports privés, diplomatiques, leurs cartes de résidence en territoire étranger ou tout autre document pertinent.
Après maintes tergiversations que le public a pu amplement suivre, la commission a en effet reçu les documents de voyage de 38 des 40 personnalités sous enquête (Madame Marie Evelyne César avait entretemps été nommée Secrétaire d’Etat au culte).  
Le jour de la remise officielle des documents, certains Ministres n’ont pas jugé bon de se présenter par devant la Commission. Citons entre autres la Ministre Stephanie Balmir du Tourisme qui confia cette tache au Ministre Ralph Theano chargé des Relations avec le Parlement. Après quelques hésitations les Ministres Brunaches et Lamothe présentèrent personnellement leurs pièces. Quant au Président Michel Joseph Martelly, il refuse encore de communiquer ses documents de voyage à la Commission.
Quelques remarques
La première nomination par arrêté qu’effectua maladroitement la Présidence, alors que le gouvernement Bellerive, démissionnaire, ne pouvait ni nommer ni révoquer, fut celle de Monsieur Claude Raymond Jr., un de ses meilleurs amis et ex-mari de Mme. Elsa Baussan. En dépit de l’illégalité de cette nomination, M. Raymond fut installé au poste (inexistant) de Directeur général de l’Immigration et de l’émigration haïtienne. Cette entité est un service déconcentré du MIDCT et le poste en question ne demande point qu’il soit pourvu par arrêté présidentiel, mais par simple lettre du Ministre de l’Intérieur. Quelle était la mission de Monsieur Raymond pour qu’elle ait suscité autant de maladresse et d’empressement dans sa nomination?   
En observant le tableau I, il est évident que certains Ministres n’ont pas déposé tous leurs passeports par devant la Commission. Nous ne savons toujours pas ce qui explique ce fait, mais sommes en droit de nous demander s’ils auraient quelque chose à cacher.
D’autre part, à part les deux étrangers membres du gouvernement haïtien, Mme. Baussan et M. Racine, quatre autres dossiers nous intriguent.
  1.  Le Ministre Laurent S. Lamothe a effectué toutes ses demandes de passeport haïtien à partir des Etats-Unis d’Amérique du Nord, plus précisément à Miami. Pas une fois n’a t-il eu à introduire une telle demande de Port-au-Prince étant.
Des dix passeports au nom de Laurent S. Lamothe enregistrés dans le système informatisé du Service de l’Immigration et de l’émigration haïtienne, seulement trois ont été déposés par devant la Commission :
-          Un passeport allant du 17 février 2005 au 10 février 2008
-          Un passeport allant du 30 juillet 2010 au 25 février 2012
-          Un dernier passeport valide du 3 mai 2011 au 2 mai 2016
Ce qui nous met en présence d’un vide de deux années entre février 2008 et juillet 2010. Quid des années antérieures à 2005? Quid de la période allant de 1999 à 2005? Quel était le statut de Monsieur Lamothe durant cette période? Avec quel document effectuait-il ses voyages en Haïti et à travers le monde?   Avait-il un passeport d’un autre pays, une carte de résident permanent? Nous n’en savons rien. Une page renfermant des informations sur les passeports et les adresses de Monsieur Lamothe est annexée à la présente.
  1. Monsieur Réginald Delva a déposé deux passeports datés comme suit :
1999-2004
2003-2008
A-t-il actuellement un passeport valide? Est-ce un passeport haïtien? Est-il résident permanent dans un autre pays? N’a-t-il jamais voyagé de 2008 à nos jours? Questions dont les réponses intéressent toute la nation.
Monsieur Mathias Lauréus n’a déposé que deux passeports allant l’un de 2001 à 2006, l’autre de 2012 à 2017, d’où un vide entre 2006 et 2011 soit cinq années. A noter que son visa américain a expiré en 2006, n’a-t-il pas non plus voyagé aux Etats-Unis durant toute cette période? Si oui avec quel document? Réponses à fournir à la Commission.
  1. Monsieur Gérald Oriol a déposé cinq passeports et a effectué plusieurs voyages aux Etats-Unis d’Amérique sans qu’aucun visa américain ne figure sur aucun de ses passeports. Détient-il un autre document de voyage? Est-il ressortissant d’un autre pays ou détient-il une carte de résident permanent sur un autre territoire?
Recommandation. Que le Ministre Lamothe et les Secrétaires d’Etat ci-dessus identifiés fournissent à la Commission les informations complémentaires qu’exige leur cas respectif.   
Le cas du Président Michel Joseph Martelly.
Le Président de la République s’obstine à ne pas communiquer à la Commission sénatoriale les documents de voyage qui pourraient, une fois pour toute, mettre fin au doute qui plane autour de lui quant à la possibilité qu’il ait un ou deux passeports étrangers.
Il est à noter que plusieurs pistes se sont entretemps profilées. Nous attendons la lettre de la American Airlines en couverture de la liste des passagers de ce fameux vol du 21 novembre 2007 qui aurait vu le citoyen américain Michael Martelly embarquer à son bord. De plus, d’autres documents, l’un consistant en une photocopie des minutes d’une assemblée d’une entreprise dont MM. Martelly, Lamothe et Baker seraient les actionnaires et l’autre en un dossier de jugement dans un tribunal civil de West Palm Beach, nous portent à nous poser de nombreuses questions.
Dans le cas de la Coco Grove Holding, Inc. et de Lightfoot Ventures Limited, il est évident qu’un des signataires est un Monsieur Michel Martelly aka (also known as ou également connu sous le nom de) Michael Martelly. Resterait à comparer ou à authentifier cette signature à celle du Président Michel Joseph Martelly. Mais il y a plus, les deux associés de Monsieur Michel Martelly ne sont autres que son actuel  Ministre des Affaires étrangères et Premier Ministre désigné Monsieur Laurent Salvador Lamothe et Monsieur Patrice Baker, tous deux en référence dans la chanson bien connue « Bandit Légal » du groupe Sweet Micky … Il paraît difficile d’invoquer ici une coïncidence ou une erreur sur la personne. La sous-commission recommande donc de faire le jour sur ce point.
Pour ce qui a trait au document du tribunal civil, il fait aussi référence à une personne connue comme ayant certains liens avec Monsieur Michel Martelly, Madame Sabine Jean-Jacques. Or la personne qu’elle poursuit se nomme une fois de plus Michael Martelly. Autre problème à résoudre : qui est ce Michael Martelly qui a les mêmes amis proches que Michel Martelly? Il faudra élucider cet autre mystère …
Finalement, faisons ce petit raisonnement. S’il est possible d’avoir un passeport américain sous un prénom qui n’est pas tout à le même que son prénom originel, il est quasiment impossible de le faire pour une carte de résident permanent aux Etats-Unis d’Amérique du Nord. C’est que cette carte est émise à partir des documents provenant de l’état civil du pays d’origine du postulant. En d’autres termes, la carte de résidence sera toujours au nom figurant aux archives nationales d’Haïti dans le cas qui nous concerne. Par contre, tous ceux qui ont eu à prendre la nationalité américaine ont eu l’option d’américaniser leur prénom.     
Conclusion.
La sous-commission Immigration est fortement troublée par les similarités existant entre Michel Martelly et Michael Martelly, tenant compte des circonstances dans lesquelles ces similarités se sont manifestées.  Le président de la République, Monsieur Michel Joseph Martelly, se doit de faire le jour sur toutes ces questions, non seulement en communiquant à la Commission sénatoriale tous ses passeports haïtiens et autres pièces et documents connexes, mais aussi en demandant aux services concernés du gouvernement américain de communiquer au gouvernement haïtien, tous les dossiers de résidence permanente et de citoyenneté américaine qui pourraient le concerner sous les noms de Michel Joseph Martelly ou Michael Martelly ou Michael J Martelly.
Fort de tout ce qui précède, la Commission n’est pas en mesure de conclure, de façon claire et péremptoire sur une quelconque autre nationalité que pourrait détenir le Président de la République. Elle appelle a la collaboration de ce dernier pour la consultation des passeports du Président de la République.
RECOMMANDATIONS
  1. La Commission relève que la question de la nationalité de personnalités  faisant partie du pouvoir exécutif, est posée à un moment où l’introduction de la double nationalité dans notre constitution est une question qui a presque  fait l’unanimité.  C’est l’un des amendements constitutionnels a avoir été  adopté.
La Commission croit que le Sénat de la République se doit d’être le gardien du respect de la constitution.  Il ne saurait donc en aucun cas cautionner une violation de la constitution même ou plutôt surtout quand cela concerne un de ses membres, le gouvernement ou le Président de République la loi est dure mais c’est la loi et elle doit être appliquée.
L’enquête conduite par la Commission oblige le Sénat à se positionner sur le sort des Secrétaires d’Etat qui ont tous les trois un passeport espagnol, un passeport américain et canadien. 
La Commission considère que le Gouvernement étant démissionnaire, les Secrétaires d’Etat ne sont plus en fonction. Ils ne peuvent à aucun moment sous l’égide de la Constitution de 1987 intégrer un autre gouvernement.
La commission propose au Sénat d’engager des consultations avec les institutions publiques concernées par la question de la nationalité pour réfléchir sur les contours d’un nouveau code de la nationalité en harmonie avec la constitution de 1987 en attendant l’entrée en vigueur d’un éventuel amendement sur la double nationalité.  Cette réflexion devra permettre de déboucher sur des mesures concrètes à adopter pour aider l’administration publique en particulier le Conseil Électoral Provisoire et la Direction de l’Immigration à déterminer de manière incontestable le statut des individus sollicitant l’établissement d’un passeport ou désireux de briguer des postes ou des fonctions réservées par la constitution et par la loi aux haïtiens ou aux haïtiens d’origine.
Le vote d’une révolution par le Sénat permettant au grand Corp. de vérifier le cv ou le passeport de tout membre du gouvernement avant le vote de la déclaration de politique général d’un premier Ministre.
Que, fidele a la résolution proposée par le Sénateur Polycarpe et votée par le Senat, le Bureau maintient le contact avec le Président de la République
RECOMMANDATIONS
  1. La Commission relève que la question de la nationalité de personnalités  faisant partie du pouvoir exécutif, est posée à un moment où l’introduction de la double nationalité dans notre constitution est une question qui a presque  fait l’unanimité.  C’est l’un des amendements constitutionnels a avoir été  adopté.
La Commission croit que le Sénat de la République se doit d’être le gardien du respect de la constitution.  Il ne saurait donc en aucun cas cautionner une violation de la constitution même ou plutôt surtout quand cela concerne un de ses membres, le gouvernement ou le Président de République la loi est dure mais c’est la loi et elle doit être appliquée.
L’enquête conduite par la Commission oblige le Sénat à se positionner sur le sort des Secrétaires d’Etat qui ont tous les deux un passeport espagnol et un passeport américain. 
La Commission considère que le Gouvernement étant démissionnaire, les Secrétaires d’Etat ne sont plus en fonction. Ils ne peuvent à aucun moment sous l’égide de la Constitution de 1987 intégrer un autre gouvernement.
La commission propose au Sénat d’engager des consultations avec les institutions publiques concernées par la question de la nationalité pour réfléchir sur les contours d’un nouveau code de la nationalité en harmonie avec la constitution de 1987 en attendant l’entrée en vigueur d’un éventuel amendement sur la double nationalité.  Cette réflexion devra permettre de déboucher sur des mesures concrètes à adopter pour aider l’administration publique en particulier le Conseil Électoral Provisoire et la Direction de l’Immigration à déterminer de manière incontestable le statut des individus sollicitant l’établissement d’un passeport ou désireux de briguer des postes ou des fonctions réservées par la constitution et par la loi aux haïtiens ou aux haïtiens d’origine.
Le vote d’une révolution par le Sénat permettant au grand Corp. de vérifier le cv ou le passeport de tout membre du gouvernement avant le vote de la déclaration de politique général d’un premier Ministre.
Que l’enquête reste ouverte jusqu’à ce que toutes les informations soient disponibles pour conclure définitivement.
 RECOMMANDATIONS
1.- La Commission relève que la question de la nationalité de personnalités  faisant partie du pouvoir exécutif, est posée à un moment où l’introduction de la double nationalité dans notre constitution est une question qui a presque  fait l’unanimité.  C’est l’un des amendements constitutionnels à avoir été  adopté.
2.- La Commission croit que le Sénat de la République se doit d’être le gardien du respect de la constitution.  Il ne saurait donc en aucun cas cautionner une violation de la constitution même ou plutôt surtout quand cela concerne un de ses membres, le gouvernement ou le Président de République la loi est dure mais c’est la loi et elle doit être appliquée.
3.- L’enquête conduite par la Commission oblige le Sénat à se positionner sur le sort des Secrétaires d’Etat qui ont tous les deux un passeport espagnol et un passeport américain. 
4.- La Commission considère que le Gouvernement étant démissionnaire, les Secrétaires d’Etat ne sont plus en fonction. Ils ne peuvent à aucun moment sous l’égide de la Constitution de 1987 intégrer un autre gouvernement.
5.-La commission propose au Sénat d’engager des consultations avec les institutions publiques concernées par la question de la nationalité pour réfléchir sur les contours d’un nouveau code de la nationalité en harmonie avec la constitution de 1987 en attendant l’entrée en vigueur d’un éventuel amendement sur la double nationalité.  Cette réflexion devra permettre de déboucher sur des mesures concrètes à adopter pour aider l’administration publique en particulier le Conseil Électoral Provisoire et la Direction de l’Immigration à déterminer de manière incontestable le statut des individus sollicitant l’établissement d’un passeport ou désireux de briguer des postes ou des fonctions réservées par la constitution et par la loi aux haïtiens ou aux haïtiens d’origine.
6.- Le vote d’une révolution par le Sénat permettant au grand Corp de vérifier le cv ou le passeport de tout membre du gouvernement avant le vote de la déclaration de politique général d’un premier Ministre.
7.- Que l’enquête reste ouverte jusqu’à ce que toutes les informations soient disponibles pour conclure définitivement.
8.- en vue de faciliter les travaux de la commission et d’arriver à la conclusion finale du rapport.