jeudi 17 mai 2012

Decouverte d'un nouveau calendrier Maya


Les résultats de fouilles menées par une équipe américaine dans les ruines d’une cité maya de la région guatémaltèque du Petén font état de la découverte d’une ‘maison des scribes’, aux murs ornés de peintures et d’éléments de calculs calendaires qui semblent concerner des dates bien ultérieures à 2012, année de la fin du monde, selon certains, dans le calendrier maya.    
Découverte il y a près d'un siècle dans la région du Petén, au Guatemala, le tentaculaire complexe de Xultún, où prospérait la civilisation maya entre le Ier siècle avant J.-C. et le IXème siècle après J.-C., a livré de nouveaux secrets aux archéologues de l'Université Colgate, à Hamilton, et de l’Université de Boston, qui y mènent des fouilles financées par le National Geographic.
En effet, les chercheurs ont découvert sur ce site une structure qui contient ce qui semble être un espace de travail pour les scribes de la ville. Ses murs sont ornés de peintures – les premières peintures murales découvertes dans une maison maya – pour le moins étranges. Notamment, une rangée d’hommes en uniformes noirs, de minuscules glyphes rouges et noirs, des centaines de chiffres griffonnés : apparemment des calculs liés au calendrier maya… et s’étendant sur une période de plus de 6.000 ans, soit bien au-delà du fatidique décembre 2012, explique le récit des fouilles publié dans la revue Science et dans le magazine National Geographic.
"Pourquoi se lanceraient-ils dans ces chiffres, si le monde devait arriver à sa fin cette année ?", observe Anthony Aveni, de l'Université Colgate. "Pour la première fois, il nous est donné de voir ce qu’étaient vraiment des registres tenus par un scribe, dont la fonction était de conserver les données ‘officielles’ d’une communauté maya", résume quant à lui William Saturno, de l’Université de Boston.
Des Mayas préoccupés par la fin de leur monde
Mais ce n'est pas le point essentiel de la trouvaille. Parfaitement préservées, les inscriptions découvertes, les plus anciennes de ce type jamais dénichées, permettent d'en apprendre plus sur la société maya et sur les questions qui les préoccupaient. "Nous cherchons sans cesse vers des fins. Les Mayas eux, cherchaient des garanties que rien ne changerait. C'est une toute autre mentalité", ajoute le meneur de l'expédition cité par le National Geographic. Ainsi, plus que la fin du monde, c'est surtout la fin de leur monde qui faisait l'objet de nombreuses interrogations.
Or, à l'époque où les murs ont été ornés au IXème siècle, la région de Xultún connaissait une période d'intense sécheresse et plusieurs villes de la civilisation maya étaient en plein effondrement selon les spécialistes. Des difficultés qui justifieraient les préoccupations qu'évoquent les inscriptions découvertes. Néanmoins, comme le soulignent les membres de l'expédition, il est possible que ceux-ci ne comprennent jamais tout le contexte autour de l'espace de travail qu'ils ont mis au jour.

Liste complète du Cabinet ministériel du nouveau gouvernement Martelly-Lamothe

Ministre des Affaires Sociales et du Travail - Ronsard St-Cyr
Ministre de l'Agriculture des ressources naturelles et du Développement Rural - Thomas Jacques
Ministre des Affaires Étrangères et des Cultes - Laurent Lamothe
Ministre délégué auprès du Premier Ministre chargé des relations avec le Parlement - Ralph Théano
Ministre délégué auprès du Premier Ministre chargé des Droit de l'Homme et de la lutte contre la pauvreté extrême - Marie Carmelle Rose Anne Auguste
Ministre à la Condition Féminine et aux Droits des Femmes - Yanick Mézil
Ministre de la Culture - Jean Mario Dupuy
Ministre de la Communication - Ady Jean Gardy
Ministre de l'Éducation nationale et de la Formation professionnelle - Réginald Paul
Ministre de l'Économie et des Finances - Marie Carmelle Jean Marie
Ministre de l'Intérieur et des Collectivités Territoriales - Thierry Mayard-Paul
Ministre de la Justice et de la Sécurité Publique - Jean Renel Sanon
Ministre de la Santé Publique et de la Population - Florence Duperval Guillaume
Ministre du Tourisme - Stéphanie Balmir Villedrouin
Ministre des Travaux Public, Transports, Énergie et Communications - Jacques Rousseau
Ministre de la Planification et de la coopération externe - Josépha Raymond Gauthier
Ministre de la Défense - Jean Rodolphe Joazile
Ministre du Commerce et de l'Industrie - Wilson Laleau
Ministre de la Jeunesse, des Sports et de l'Action Civique - Jean Roosevelt René
Ministre de l'Environnement - Joseph Ronald Toussaint
Ministre des Haïtiens vivant à l’étranger - Daniel Supplice
Ministre délégué auprès du Premier Ministre chargé de promotion de la paysannerie - Marie Mimose Félix

Propos de Michaëlle Jean


L'heure est grave. La Nation n'est pas immortelle, elle agonise. Le pays est à bout de souffle, à bout de tout. Le monde entier assiste, sans plus d'illusion, au spectacle désolant des impasses politiques haïtiennes qui se succèdent à coup de rivalités partisanes et stériles, d'inquisition sur des questions insensées comme celle de la double nationalité, alors qu'Haïti a besoin du concours de toutes ses filles et de tous ses fils, de les voir répondre à l'appel des aïeux, si souvent sublimé, mais si peu suivi, devenu lettres mortes : « l'union fait la force! » De l'union nous n'avons que faire, nous lui préférons la division et les affrontements sans fin. Tant et si bien, que nous n'avons pour force que celle d'enfoncer davantage notre terre et toute une population dans la précarité, l’abjecte pauvreté, la misère, le désarroi.

Il m'arrive, je l'avoue, d'avoir honte de cette pitoyable trahison de nos exploits et de nos conquêtes d'antan. Trahison de nos aspirations les plus nobles à la liberté, l'égalité et la fraternité. Trahison de nos rêves les plus grands de briser toutes les chaînes.

J'ai mal à mon cœur d'Haïtienne d'être interpellée par ceux, sourire en coin, qui tirent la ligne et ne voient plus en Haïti qu'un pays foutu, déliquescent, sans boussole, sans État, sans avenir, un tronc pourri, un monde de corruption et, certains n'hésitent pas à le dire, d'incapables.

J'assistais récemment à une table ronde où le verdict à propos d'Haïti était impitoyable, tant la situation bloquée des derniers mois est accablante. Voir des élus déterminés non pas à se retrousser les manches, mais à sacrifier l'intérêt de l'ensemble sur l'hôtel de l'obstruction systématique, sans retenue, sans foi ni loi, est insoutenable. L'exercice perdure et il est d'une cruelle irresponsabilité. Ce désordre assassine un pays et le plonge dans les ténèbres, dans une confusion telle que des esprits nostalgiques se prennent à regretter l’ordre des anciennes dictatures.

Le mouvement violent des plaques tectoniques n'est rien à côté. On aurait cru cette catastrophe, sans commune mesure, capable de rappeler à la raison et à la discipline.

On espérait un sursaut d'humanité, un pas décisif vers une éthique du partage. Chassez le naturel, il revient au galop. L'équipée est bien relancée dans la médiocrité. Car médiocres nous sommes si nous ne nous ressaisissons pas. Médiocres, si nous n'arrivons pas à réaliser l'unité nécessaire et à mettre de côté l’égoïsme et nos intérêts particuliers. Médiocres, si nous refusons le dialogue et le compromis historique salutaire au nom du bien commun, du pays à refonder, d'une Haïti nouvelle à créer. Médiocres, si nous restons englués dans l'indifférence chronique et la fuite en avant qui nous caractérisent devant l'échec qui pourtant crève cruellement les yeux à chaque carrefour. Médiocres, dans notre manque d'audace, de courage et de cohérence. Médiocres, dans notre complaisance, notre contentement aveugle, et notre fatalisme alors qu'il faut de toute urgence, ensemble, redoubler d'efforts. Médiocres, face à la jeunesse en mal de modèles à suivre et d'opportunités, pour le présent comme pour l'avenir.


Pourtant, il pourrait en être autrement. Nous pourrions montrer ce dont nous sommes capables, cesser de renaître du désespoir, faire preuve de vision, créer de toute notre énergie, de tous nos cœurs et nos cerveaux volontaires, l’espoir. Encore faut-il que nous le voulions. La volonté collective nous fait défaut, elle n'est toujours pas au rendez-vous. Autrement, nous investirions tout pour un gouvernement au plus vite constitué; un État viable; des institutions fortes; une fonction publique remembrée et compétente; un accès universel à des services de santé sur tout le territoire; des écoles et des programmes de qualité avec des maîtres formés; une université d'État remise sur les rails avec un campus dans le Nord à démarrer et d'autres à construire dans chaque région du pays; un système de justice accessible, efficace, indépendant et fiable; une police nationale professionnelle capable de garantir la sécurité des lieux, des personnes et des frontières et de participer au développement; des collectivités plus fortes qui participent de manière décentralisée à la croissance locale, régionale et nationale; des organisations de la société civile incluses dans le mouvement de relève et impliquées dans la recherche de solutions aux problèmes affligeants; une économie diversifiée pour un redressement de la production nationale et la création d’emplois, de leviers et de niches sur tout le territoire; l'agriculture priorisée, la pêche et les métiers de la mer organisés; l'entreprenariat facilité; des lois, des règles, des codes édictés pour la sécurité publique et pour mettre fin au chaos général, à l'incurie dangereusement mortifère; une politique énergétique et de reboisement innovatrice; la propreté et la salubrité partout pour notre plus grande fierté, notre intégrité et notre sens de la dignité; des citoyennes et des citoyens dont on reconnait les droits et libertés, mais qui sont aussi conscients de leurs devoirs.

Il y a exactement un an, un Président démocratiquement élu passait la cocarde à un autre, légitimement choisi lui aussi par la voie des urnes. Le nouveau Président de la République n’aura pas eu la partie facile pour former un gouvernement et le consolider, tant le terrain est miné. Que l’on comprenne qu’empêcher, retarder la formation d’un gouvernement est pur sabotage, irresponsable et suicidaire. Le temps est compté, chaque jour, chaque mois dans l’impasse est un coup de massue asséné à la Nation. Le monde nous regarde non plus désolé, mais décontenancé face à un tel bourbier politique totalement déshonorant. Sans gouvernement, le pays, déjà au bord du précipice, ne se relèvera pas, tous les efforts seront engloutis.

Le pays c'est nous, chacune et chacun d'entre nous. Sa réussite dépend aussi de nous.

Je dis «nous», ne cherchant pas à m’extraire du destin de la terre qui m’a vue naître.

Il est de notre entière responsabilité de montrer ce que nous sommes vraiment capables d’accomplir. 

Michaëlle Jean